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Liban-Israël : à Rome, des pourparlers sous haute tension pour tenter d’amorcer un retrait israélien du Sud-Liban

À l’ombre du Vatican, Libanais et Israéliens se sont retrouvés mardi à Rome pour une nouvelle séquence de discussions. Objectif affiché : préciser les modalités d’un accord-cadre négocié sous égide Étatsunienne de visant à mettre fin aux hostilités et à organiser le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban. Dans les faits, la méfiance domine et les attentes restent mesurées.

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Le choix de la capitale italienne n’est pas anodin. Il permet aux deux délégations de rester en contact étroit avec leurs capitales tout en s’extrayant de la pression frontalière. Les échanges, prévus sur deux jours à l’ambassade des États-Unis d’Amérique, portent sur la mise en œuvre concrète d’un texte arrêté le 26 juin à Washington.

Ce texte prévoit trois axes : la cessation des combats, le désarmement des groupes armés, lecture implicite : le Hezbollah, le déploiement de l’armée libanaise dans le Sud et un retrait progressif de l’armée israélienne.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a posé le cadre dès mardi à Tel-Aviv : la mise en œuvre de l’accord est « la seule voie possible ». Israël, a-t-il assuré, fera « preuve de bonne volonté » et est prêt à tester deux « zones pilotes » où le désarmement du Hezbollah, le redéploiement de l’armée libanaise et le retrait israélien seraient expérimentés en parallèle.

Côté libanais, le ton est plus ferme. Le président Joseph Aoun a demandé à sa délégation d’exiger « un début immédiat » du retrait israélien de ces deux zones avant d’entrer dans le détail des autres dispositions.

Sur le terrain, rien n’a bougé. L’armée israélienne maintient une « zone tampon » d’environ 10 km à l’intérieur du territoire libanais, sur toute la longueur de la frontière. Accès interdit aux civils comme aux militaires libanais. Villages vidés, destructions contrôlées, démantèlement de tunnels : Tsahal justifie cette emprise par la nécessité de protéger le nord d’Israël d’éventuelles incursions du Hezbollah.

Le Hezbollah, de son côté, rejette l’accord et toute perspective de désarmement. Soutenu par Téhéran, il conditionne la fin des hostilités à une pression iranienne directe sur Washington. Or l’Iran lui-même, après avoir exigé la fin du conflit libanais dans le cadre de l’accord intérimaire conclu le mois dernier avec les États-Unis d’Amérique, voit ce compromis fragilisé par la reprise des tensions dans le Golfe.

La diplomatie Étatsunienne de tente donc d’avancer sur deux fronts à la fois. Selon un responsable étatsunien, la première zone pilote pourrait voir le jour « dans quelques jours ». Le CENTCOM coordonne avec Beyrouth et Jérusalem. Une délégation militaire Étatsunienne s’est d’ailleurs rendue au Liban ce week-end pour arrêter les détails techniques avec l’armée libanaise.

Depuis la reprise des affrontements le 2 mars, dans le sillage d’un conflit régional élargi, le coût humain s’alourdit. Plus de 4 000 Libanais tués et plus d’un million de déplacés, selon le ministère libanais de la Santé. Le décompte ne distingue pas civils et combattants ; le Hezbollah ne communique pas sur ses pertes. Du côté israélien, au moins 32 soldats et 4 civils ont été tués, la plupart dans le Sud-Liban.

Ces chiffres rappellent que la discussion de Rome ne porte pas seulement sur des cartes et des calendriers. Elle engage la possibilité pour des populations de revenir chez elles, et pour un État de reprendre le contrôle de son Sud.

Et maintenant ?

L’accord de Washington reste une coquille : les principes y sont, les mécanismes manquent. Les deux jours romains doivent donc servir à traduire l’intention politique en séquences vérifiables : où, quand, comment se retire Israël, comment l’armée libanaise prend la relève, comment le désarmement est constaté.

Israël lie explicitement son retrait au désarmement du Hezbollah. Le Liban exige un geste préalable pour enclencher la confiance. Entre les deux, les États-Unis d’Amérique jouent les garants techniques.

Dans un pays où les équilibres sont fragiles et la souveraineté contestée, chaque concession se paie cher. La réussite de ces « zones pilotes » dira si l’accord peut tenir. Leur échec le condamnerait avant même d’avoir commencé.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

ISRAËL – SYRIE | Visite du Premier ministre israélien auprès des troupes déployées

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a suscité une vive réaction de Damas en se rendant auprès de troupes israéliennes stationnées dans une zone tampon en territoire syrien, au-delà de la ligne de démarcation. La visite, effectuée le 19 novembre 2025, intervient dans un contexte de tensions persistantes et de rivalités stratégiques dans la région du Levant

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Une démarche militaire et symbolique

Accompagné de hauts responsables militaires et ministériels, Netanyahu a rencontré les soldats déployés sur le terrain. Selon le chef d’état-major israélien, cette implantation vise à renforcer la capacité de dissuasion face aux menaces locales et à assurer la sécurité de la frontière nord d’Israël. La visite souligne également la volonté israélienne de maintenir une présence stratégique dans le sud syrien, notamment au niveau du plateau du Golan.

Réactions syriennes et internationales

Le gouvernement syrien a qualifié cette visite de grave violation de sa souveraineté et d’acte illégal. Le ministère des Affaires étrangères de Damas a dénoncé un fait accompli imposé par Israël, en contradiction avec les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies relatives à la zone tampon instaurée après la guerre de 1973.

Le Secrétaire général de l’ONU, par l’intermédiaire de son porte-parole, a exprimé sa préoccupation, rappelant que la zone tampon devait rester neutre conformément à l’accord de désengagement de 1974. Plusieurs pays de la région ont également exprimé leur inquiétude quant aux risques de déstabilisation régionale et de montée des tensions militaires.

Contexte géopolitique

Israël renforce sa présence militaire en Syrie depuis plusieurs années, considérant cette implantation comme stratégique pour la surveillance et la protection de ses frontières. Pour la Syrie, cette présence constitue un affront politique et diplomatique, entravant toute perspective de négociation sur un accord de sécurité régional. Les tensions autour de la zone tampon reflètent les rivalités persistantes entre Israël et Damas, ainsi que l’importance stratégique du plateau du Golan pour les deux parties.

Perspectives et enjeux

La visite de Netanyahu illustre la complexité de la situation sécuritaire et diplomatique au Moyen-Orient, où la présence militaire israélienne est perçue comme un instrument de pression politique. Le risque d’escalade militaire demeure, tandis que la communauté internationale est confrontée à la nécessité de faire respecter les accords existants tout en évitant une aggravation des tensions régionales.

Celine Dou