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Corée du Sud : Washington réduit ses exercices militaires avec Séoul pour renouer avec Pyongyang, Pékin en profite pour avancer ses pions

La réduction de la participation états-unienne aux exercices militaires avec la Corée du Sud donne à Pékin une occasion de renforcer son dialogue avec Séoul. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi est arrivé dans la capitale sud-coréenne le 19 août, pour une visite de deux jours, la première d’un chef de la diplomatie chinoise dans le pays depuis cinq ans. Son déplacement coïncide avec une décision de Donald Trump qui touche directement l’un des principaux éléments de la coopération militaire entre Washington et Séoul.

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L’exercice annuel Ulchi Freedom Shield, prévu du 17 au 27 août, a été raccourci et plusieurs entraînements de terrain ont été réduits. Donald Trump souhaite limiter le coût de ces manœuvres et préserver une possibilité de reprise du dialogue avec Kim Jong-un. Séoul, qui n’avait pas été informé à l’avance de la réduction états-unienne, cherche à maintenir son alliance militaire avec Washington tout en développant ses relations avec Pékin. La Chine entend conserver une place déterminante dans toute discussion concernant l’avenir de la péninsule coréenne.

Washington réduit les exercices avec Séoul

Les exercices conjoints entre les États-Unis d’Amérique et la Corée du Sud constituent depuis des années un élément central de la préparation militaire des deux alliés face à la Corée du Nord.

Cette année, leur format a changé. Ulchi Freedom Shield doit finalement s’achever le 21 août, au lieu du 27, tandis que certains entraînements de terrain ont été réduits. Donald Trump avait demandé une diminution importante de la participation états-unienne.

La décision a surpris Séoul. Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a reconnu que les autorités de son pays avaient été prises de court.

Donald Trump assume cette orientation. Il souhaite réduire les dépenses liées aux exercices militaires et conserver une possibilité de dialogue avec Kim Jong-un. Les deux dirigeants se sont rencontrés à trois reprises en 2018 et 2019, sans parvenir à régler la question du programme nucléaire nord-coréen.

La modification du programme ne signifie toutefois pas la fin de la coopération militaire entre Washington et Séoul. L’alliance demeure, mais l’ampleur des manœuvres est revue à la baisse.

Pyongyang reste méfiant

La Corée du Nord ne considère pas cette réduction comme une réponse suffisante à ses exigences.

Pyongyang dénonce depuis des années les exercices militaires conjoints, qu’il présente comme une préparation à une attaque contre son territoire. Le 20 août, l’armée nord-coréenne a tiré une dizaine de missiles balistiques de courte portée vers la mer.

Ces tirs ont eu lieu après le début des manœuvres et alors que Donald Trump avait renouvelé son souhait de rencontrer Kim Jong-un.

La réduction des exercices n’a donc pas entraîné de changement immédiat dans l’attitude militaire nord-coréenne. Pyongyang continue de réclamer une modification plus profonde de la politique militaire menée par Washington et Séoul.

Wang Yi arrive à Séoul au moment où les équilibres évoluent

Wang Yi n’est pas venu à Séoul pour parler uniquement des relations entre la Chine et la Corée du Sud.

Le ministre chinois des Affaires étrangères a rencontré son homologue Cho Hyun puis le président Lee Jae-myung. La situation de la péninsule coréenne figurait parmi les sujets abordés, avec les relations économiques entre Pékin et Séoul.

Le message chinois est précis : la Corée du Sud ne devrait pas avoir à choisir entre la Chine et les États-Unis d’Amérique.

Wang Yi appelle ainsi Séoul à préserver son autonomie stratégique et à éviter de se retrouver enfermé dans la rivalité entre Pékin et Washington.

Ce discours prend une importance particulière avec la réduction de la participation états-unienne aux exercices militaires et la volonté affichée de Donald Trump de renouer avec Kim Jong-un.

Lee Jae-myung ménage ses deux partenaires

Le président sud-coréen ne remet pas en cause l’alliance avec Washington. La coopération militaire avec les États-Unis d’Amérique demeure le principal élément de la stratégie de défense de Séoul face à Pyongyang.

Lee Jae-myung souhaite toutefois que son pays puisse prendre davantage de responsabilités dans sa propre défense. Il cherche également à améliorer les relations avec la Chine, partenaire économique majeur de la Corée du Sud et acteur important dans les relations avec Pyongyang.

Séoul tente ainsi de préserver deux relations dont les intérêts ne coïncident pas toujours : une alliance militaire étroite avec Washington et des liens économiques importants avec Pékin.

Pékin veut rester présent dans le dossier nord-coréen

Une éventuelle reprise du dialogue entre Washington et Pyongyang poserait directement la question de la place de la Chine.

Pékin partage une frontière avec la Corée du Nord et conserve des relations étroites avec le régime de Kim Jong-un. Son influence n’est cependant pas absolue. Pyongyang a également considérablement renforcé ses relations avec Moscou et poursuit son propre programme militaire.

La Chine ne peut donc pas décider à la place de la Corée du Nord. Elle peut en revanche chercher à éviter qu’une éventuelle négociation sur la péninsule se déroule sans elle.

C’est l’un des enjeux de la visite de Wang Yi. Pékin défend le dialogue, appelle à la stabilité et encourage Séoul à conserver une marge de manœuvre dans ses relations avec les deux grandes puissances.

Une nouvelle donne, mais pas de basculement

La réduction des exercices militaires ne signifie pas que Séoul se détourne de Washington. La visite de Wang Yi ne signifie pas davantage que la Corée du Sud s’apprête à rejoindre le camp chinois.

Les faits sont plus simples.

Washington cherche à réduire certaines activités militaires avec Séoul tout en ouvrant une nouvelle possibilité de dialogue avec Kim Jong-un. Pyongyang continue de développer son arsenal et vient encore de procéder à des tirs de missiles. Séoul veut préserver son alliance avec les États-Unis d’Amérique tout en améliorant ses relations avec la Chine. Pékin entend conserver une place dans les discussions sur l’avenir de la péninsule.

La véritable question est donc moins celle d’un changement d’alliance que celle du rapport de forces qui se dessine autour de la péninsule. Une réduction de la participation états-unienne donne à Pékin davantage d’espace diplomatique, sans pour autant remettre en cause la présence des États-Unis d’Amérique en Corée du Sud.

Si Donald Trump parvient à renouer avec Kim Jong-un, la Chine cherchera à être associée aux discussions. Si Pyongyang refuse le dialogue, la question militaire restera au premier plan. Dans les deux cas, Pékin entend conserver son rôle dans une région où Washington reste le principal allié militaire de Séoul.

Celine Dou

États Unis d’Amérique : Trump réduit la participation états-unienne aux exercices militaires avec la Corée du Sud pour ménager Pyongyang

À la veille des manœuvres annuelles entre les États Unis d’Amérique et la Corée du Sud, Donald Trump a demandé au Pentagone de réduire « considérablement » la participation des forces états-uniennes. Il juge ces exercices coûteux et estime qu’ils envoient à la Corée du Nord un signal « totalement inapproprié et hostile ». Il met aussi en avant sa « très bonne relation » avec Kim Jong-un.

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Les exercices Ulchi Freedom Shield ont pourtant commencé comme prévu ce lundi 17 août. Environ 18 000 militaires sud-coréens y participent jusqu’au 27 août. La décision de Donald Trump ne supprime donc pas les manœuvres : elle réduit l’engagement états-unien au moment où le président sud-coréen Lee Jae Myung cherche lui aussi à renouer le dialogue avec Pyongyang.

Donald Trump a choisi de parler de Kim Jong-un au moment même où ses forces doivent s’entraîner avec celles de la Corée du Sud.

Dimanche, le président états-unien a annoncé avoir demandé au Pentagone de réduire fortement la participation des États Unis d’Amérique aux exercices militaires conjoints. Il n’a pas demandé leur arrêt. Quelques heures plus tard, les manœuvres ont commencé comme prévu en Corée du Sud.

Pour justifier son choix, Donald Trump avance le coût des exercices et leur caractère, selon lui, inutilement provocateur. Mais son argument le plus politique concerne la Corée du Nord. Il affirme que Pyongyang s’est montré « non menaçant et respectueux » depuis son retour à la Maison-Blanche et rappelle sa « très bonne relation » avec Kim Jong-un.

La veille, Trump avait publié sur Truth Social une photographie de sa rencontre avec Kim Jong-un en 2019. Il voulait rappeler une relation personnelle qui avait marqué son premier mandat, lorsque les deux dirigeants s’étaient rencontrés à Singapour, à Hanoï puis à la frontière intercoréenne.

Le rapprochement de l’époque n’avait pourtant pas survécu au sommet de Hanoï, en février 2019. Les discussions sur le programme nucléaire nord-coréen avaient échoué et Washington comme Pyongyang avaient ensuite repris leurs positions de confrontation.

Une concession à Pyongyang, mais pas un retrait de Séoul

La décision de Trump répond à l’une des principales critiques de la Corée du Nord contre l’alliance entre Washington et Séoul. Pyongyang présente depuis des années les exercices conjoints comme des répétitions d’une invasion.

Avant le début des manœuvres, les autorités nord-coréennes avaient encore dénoncé leur caractère provocateur et menacé de renforcer leur dissuasion nucléaire.

Pour autant, Séoul n’a pas suspendu les exercices.

Le ministère sud-coréen de la Défense a confirmé lundi leur lancement conformément au calendrier prévu. Les deux armées continuent donc de s’entraîner ensemble, même si Washington doit réduire sa participation.

Cette distinction est importante. Donald Trump ne retire pas les forces états-uniennes de Corée du Sud et ne met pas fin à l’alliance militaire avec Séoul. Il réduit l’un de ses instruments d’entraînement commun au moment où il cherche à obtenir un nouveau contact avec Kim Jong-un.

Les exercices de cette année doivent notamment préparer les forces sud-coréennes et états-uniennes à des attaques de drones, des opérations informatiques et des perturbations des systèmes GPS. Les militaires tiennent aussi compte de ce que les conflits récents, notamment la guerre en Ukraine, ont changé dans la manière de combattre.

Séoul veut profiter du lien entre Trump et Kim

Le gouvernement sud-coréen ne ferme pas la porte à la démarche de Donald Trump.

La présidence de Lee Jae Myung a déclaré espérer que la relation entre les deux dirigeants puisse conduire à des discussions sérieuses entre Washington et Pyongyang. Lee avait lui-même appelé samedi à des négociations avec la Corée du Nord et à la recherche d’une coexistence pacifique.

Le président sud-coréen tente depuis son arrivée au pouvoir de réduire les tensions avec le Nord. Mais il doit en même temps préserver l’alliance militaire avec Washington.

C’est toute la difficulté pour Séoul : dialoguer avec Kim Jong-un sans donner l’impression d’affaiblir sa propre défense.

Pour Pyongyang, le geste de Trump est donc plus intéressant que les appels au dialogue venus de Séoul. Le président états-unien dispose d’un pouvoir que Lee Jae Myung n’a pas : celui de modifier directement la présence et les activités militaires des États Unis d’Amérique dans la péninsule.

Trump reproche aussi quelque chose à Séoul

Dans son message, Donald Trump ne s’est pas limité à la question nord-coréenne.

Il a également rappelé que Séoul avait refusé, selon lui, de participer aux efforts des États Unis d’Amérique concernant la dénucléarisation de l’Iran. Trump affirme avoir demandé à Lee Jae Myung si la Corée du Sud souhaitait se joindre à ces opérations et avoir reçu un « Non merci ! ».

Le président états-unien fait ainsi le lien entre son désaccord avec Séoul et la réduction des exercices militaires. Son message est clair : Washington attend davantage de ses alliés lorsque les États Unis d’Amérique leur demandent un soutien sur des dossiers militaires ou diplomatiques.

La Corée du Sud, elle, affirme continuer à discuter avec Washington de sa contribution aux efforts concernant l’Iran. Elle cherche donc à éviter que le désaccord ne déborde sur l’ensemble de l’alliance.

Kim Jong-un reste maître du calendrier

Il manque encore un élément essentiel à la stratégie de Donald Trump : la réponse de Kim Jong-un.

Pyongyang n’a pas annoncé de reprise des négociations avec Washington. La Corée du Nord continue de développer ses capacités militaires et a procédé récemment à de nouveaux tirs de missiles. Elle dispose aussi aujourd’hui d’une relation beaucoup plus étroite avec la Russie qu’en 2019.

Le calcul de Trump est donc différent de celui de son premier mandat. Il ne retrouve pas le même Kim Jong-un, ni la même Corée du Nord. Depuis l’échec de Hanoï, Pyongyang a renforcé son arsenal et resserré ses liens avec Moscou.

Le président états-unien parie malgré tout sur ce qu’il considère comme un avantage : son contact personnel avec Kim Jong-un.

La Corée du Nord n’a pas encore répondu. Si Kim accepte de reprendre les discussions, Trump pourra présenter la réduction des exercices comme le premier geste d’un nouvel échange. S’il reste silencieux, Washington aura fait une concession militaire sans obtenir de contrepartie.

Pour l’heure, les soldats sud-coréens et états-uniens continuent de s’entraîner ensemble. Mais Donald Trump vient de faire un choix politique qui ne passe pas inaperçu à Pyongyang : réduire l’engagement militaire états-unien tout en rappelant publiquement à Kim Jong-un que la porte du dialogue lui reste ouverte.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Niger : l’Algérie offre quatre hélicoptères militaires à Niamey et renforce son alliance militaire avec son voisin

Deux Mi-24V et deux Mi-171 ont quitté le sud de l’Algérie le 9 août pour rejoindre Niamey. Alger a également fourni des pièces de rechange et du matériel de maintenance. Pour l’armée nigérienne, ce don apporte quatre appareils supplémentaires, destinés à des missions de combat, de transport et de soutien.

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Le Niger reçoit quatre hélicoptères militaires offerts par l’Algérie. Le ministère algérien de la Défense nationale a annoncé le 9 août que deux Mi-24V et deux Mi-171 avaient été acheminés vers Niamey depuis In Guezzam, dans l’extrême sud du pays. Des équipements et accessoires militaires ont accompagné les appareils, tandis qu’une partie du matériel a été transportée séparément par un avion des Forces aériennes algériennes. Le don a été effectué sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, dans le cadre du renforcement de la coopération entre Alger et Niamey.

Deux Mi-24V pour le combat, deux Mi-171 pour le transport

Les quatre hélicoptères n’ont pas le même emploi.

Le Mi-24V est un appareil d’attaque conçu pour appuyer les forces terrestres. Armé, protégé et capable d’emporter des troupes dans certaines configurations, il a été développé pour accompagner les unités engagées au sol.

Le Mi-171 appartient à une autre catégorie. Dérivé de la famille Mi-8/Mi-17, il est principalement utilisé pour transporter des soldats, du matériel et du ravitaillement. Il peut également remplir différentes missions de soutien.

Pour Niamey, le choix de ces deux modèles apporte donc deux capacités complémentaires. Les Mi-24V peuvent renforcer l’appui aérien des unités au sol. Les Mi-171 peuvent faciliter le déplacement des militaires et du matériel sur un territoire où les distances compliquent les opérations terrestres.

Le don ne s’arrête pas aux quatre appareils. Alger a fourni des équipements et accessoires militaires ainsi que du matériel destiné à leur exploitation. Une partie des fournitures a été acheminée par un avion de transport militaire algérien.

Le ministère algérien de la Défense nationale précise que l’opération a été réalisée sur instruction de Abdelmadjid Tebboune. Les appareils ont quitté In Guezzam, à proximité de la frontière nigérienne, avant leur arrivée à Niamey.

Un renfort pour une armée engagée sur plusieurs fronts

Les nouveaux appareils arrivent dans un pays confronté depuis plusieurs années à des attaques de groupes armés. Dans le nord-ouest, l’ouest et le sud-est du Niger, les forces gouvernementales doivent couvrir de vastes zones et répondre rapidement aux mouvements des groupes djihadistes.

La capacité aérienne joue dans ce contexte un rôle particulier. Elle permet de surveiller des zones difficiles d’accès, de transporter des soldats et du matériel, mais aussi d’apporter un appui aux unités terrestres.

Les moyens aériens nigériens ont eux-mêmes été pris pour cible. Le 18 juin, des assaillants ont attaqué l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey. Onze militaires nigériens et deux civils ont été tués, selon l’Associated Press. L’attaque a également visé les installations militaires présentes sur le site. En janvier, une autre attaque avait déjà touché l’aéroport et avait été revendiquée par l’État islamique au Sahel.

Ces événements montrent les risques auxquels sont exposées les infrastructures et les moyens aériens du Niger. Ils ne permettent toutefois pas d’affirmer que la livraison algérienne a été décidée en réaction à ces attaques. Alger présente officiellement le don comme une mesure destinée à renforcer la coopération avec Niamey.

Alger transforme ses engagements en aide concrète

La livraison des hélicoptères prend davantage de relief lorsqu’elle est replacée dans l’évolution récente des relations entre les deux pays.

Depuis plusieurs mois, Alger et Niamey cherchent à accélérer la mise en œuvre de leurs accords bilatéraux. La coopération touche la défense et la sécurité, mais aussi l’énergie, les transports, les infrastructures et les échanges économiques.

Le 12 juillet, Abdelmadjid Tebboune a chargé son ministre d’État et ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, de superviser une commission consacrée au suivi des projets de coopération avec le Niger et le Tchad. La présidence algérienne voulait ainsi accélérer la réalisation des engagements pris avec les deux pays.

Quelques semaines plus tard, l’Algérie fournit quatre hélicoptères aux forces nigériennes.

Le rapprochement ne reste donc pas au niveau des déclarations. Alger apporte désormais des moyens militaires directement utilisables par l’armée de son voisin.

Pourquoi l’Algérie mise sur le Niger

L’Algérie et le Niger partagent une frontière saharienne de près de 950 kilomètres. Les deux pays ont donc un intérêt commun à surveiller cette vaste zone et à limiter la progression des groupes armés qui évoluent dans l’espace sahélien.

Pour Alger, le Niger occupe aussi une position particulière dans une région dont les équilibres ont profondément changé depuis 2023. Le retrait progressif des forces occidentales du Sahel, la création de l’Alliance des États du Sahel par le Mali, le Burkina Faso et le Niger et la recherche de nouveaux partenaires militaires ont modifié les rapports entre les capitales de la région.

L’Algérie n’appartient pas à l’Alliance des États du Sahel. Elle conserve toutefois une frontière directe avec le Niger et entend maintenir un dialogue étroit avec les autorités de Niamey.

Le don de quatre hélicoptères donne un contenu militaire à cette proximité.

Pour le Niger, l’intérêt est également concret. Le pays peut compter sur un voisin disposant d’une industrie et d’une expérience militaire importantes, notamment dans l’utilisation d’appareils de conception russe. Les Mi-24 et Mi-171 font depuis longtemps partie de l’environnement aérien algérien. Le choix de ces modèles peut faciliter leur intégration au sein des forces nigériennes, même si leur disponibilité dépendra ensuite de la maintenance, des pièces et de la formation des équipages.

Quatre hélicoptères ne changent pas à eux seuls la guerre au Sahel

Il faut garder la mesure de ce que représente le don.

Quatre appareils constituent un renfort, mais ils ne peuvent pas, à eux seuls, modifier le rapport de forces entre l’armée nigérienne et les groupes armés. Leur utilité dépendra de la capacité de Niamey à les maintenir en état de vol, à disposer d’équipages formés et à les intégrer efficacement dans ses opérations.

Le matériel de maintenance fourni par Alger mérite donc autant d’attention que les hélicoptères eux-mêmes. Sans pièces de rechange et sans soutien technique, une flotte militaire peut rapidement perdre une partie de sa valeur opérationnelle.

Le choix de fournir à la fois des appareils d’attaque et des appareils de transport est aussi révélateur des besoins auxquels Niamey doit répondre. La guerre contre les groupes armés ne se limite pas aux combats. Elle exige de déplacer des hommes, d’acheminer du ravitaillement, d’évacuer des blessés et de soutenir des unités éloignées des grands centres urbains.

Un rapprochement désormais visible

Avec ces quatre hélicoptères, la coopération militaire entre l’Algérie et le Niger prend une forme très concrète.

Alger fournit du matériel à l’armée nigérienne au moment où les deux pays cherchent à accélérer leurs projets communs. Niamey obtient des moyens supplémentaires pour ses forces aériennes. Pour l’Algérie, le geste permet de consolider sa relation avec un voisin stratégique sans déployer directement ses propres forces au Niger.

La portée du don dépasse donc la valeur de quatre appareils. Il montre surtout que le rapprochement entre Alger et Niamey ne repose plus seulement sur des rencontres diplomatiques et des accords. Il commence à se traduire par des moyens militaires livrés sur le terrain.

Dans un Sahel où les alliances se recomposent, l’Algérie choisit ainsi de renforcer sa relation avec le Niger par une coopération dont les effets sont désormais visibles.

Celine Dou, pour la Boussole-infos