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  • Droit du sol et du sang : que dit l’Histoire de France sur l’attribution de la nationalité française ?

    Droit du sol et du sang : que dit l’Histoire de France sur l’attribution de la nationalité française ?

    La question de l’attribution de la nationalité française, notamment à travers le droit du sol – qui n’existe, intégralement ou partiellement, que dans 32 pays à travers le monde -, est régulièrement débattue, tout particulièrement en cette période électorale

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  • Algérie : mémoire coloniale et enjeux géopolitiques à l’épreuve d’Alger

    Algérie : mémoire coloniale et enjeux géopolitiques à l’épreuve d’Alger

    Alger accueille depuis le 30 novembre une conférence internationale sur les crimes du colonialisme, organisée sous l’égide de l’Union africaine. Présentée comme une initiative visant à faire reconnaître les injustices du colonialisme et à explorer des mécanismes de réparation, l’événement est déjà l’objet de controverses, tant pour son instrumentalisation politique que pour les angles historiques qu’il omet.

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    Alors que le colonialisme européen est au centre des débats, la conférence d’Alger révèle ce qui demeure largement tabou : la colonisation arabo-musulmane, qui fut souvent bien plus violente et destructrice. Par ailleurs, la réunion est rapidement devenue un outil diplomatique, permettant à l’Algérie de soutenir le Polisario et d’instrumentaliser la mémoire historique à des fins géopolitiques.

    Une conférence à double enjeu

    Officiellement, la conférence vise à promouvoir la reconnaissance des crimes coloniaux et à envisager des réparations pour les Africains et leurs descendants, sous le thème “Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations”. Diplomates, juristes, historiens et représentants de la diaspora africaine et caribéenne participent à l’événement. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a insisté sur la nécessité d’un cadre juridique pour restituer équitablement les biens volés et compenser les victimes, affirmant que ces mesures ne doivent être perçues ni comme des cadeaux ni comme des faveurs.

    Pourtant, selon certains médias, l’Algérie a transformé cette réunion en tribune pour le Polisario, détournant partiellement l’objectif initial. La conférence illustre ainsi le risque de récupération politique de la mémoire historique, où le souvenir des crimes coloniaux sert des intérêts diplomatiques contemporains.

    Contextualisation historique : entre colonialismes européen et arabo-musulman

    Si la colonisation française a profondément marqué l’Algérie, il est nécessaire de nuancer le récit. Les incursions européennes ont eu pour objectif partiel de mettre un terme aux raids barbaresques qui, depuis le Maghreb, dévastaient les côtes méditerranéennes et atlantiques, allant jusqu’en Islande. Ces raids impliquaient pillages, massacres et enlèvements d’hommes, femmes et enfants, réduits en esclavage, affectant non seulement les populations africaines du Nord et sub-sahariennes, mais aussi européennes.

    Par ailleurs, la composition actuelle de la population algérienne complexifie la légitimité morale d’Alger comme “pays le plus meurtri” par la colonisation européenne. Les Amazighs constituent les habitants originels, tandis que la majorité de la population est descendante de colons arabes venus après la conquête islamique. Cette réalité historique illustre un paradoxe : l’Algérie, tout en revendiquant le statut de victime du colonialisme français, est elle-même héritière d’une longue histoire coloniale interne et régionale.

    mémoire et instrumentalisation

    Le choix d’Alger pour accueillir la conférence n’est pas neutre. Il offre au pays une tribune stratégique pour soutenir le Polisario dans le cadre du conflit du Sahara occidental, transformant un événement de mémoire en outil diplomatique. Cette instrumentalisation illustre une tendance plus large : la mémoire historique devient un levier géopolitique, capable de renforcer l’influence régionale et internationale, tout en masquant certains aspects du passé colonial, notamment la colonisation arabo-musulmane.

    La conférence met ainsi en lumière les tensions entre mémoire, justice et stratégie : comment concilier reconnaissance des injustices passées avec les réalités diplomatiques contemporaines, sans que la mémoire ne soit détournée pour servir des intérêts politiques immédiats ?

    La conférence internationale sur les crimes du colonialisme à Alger révèle le double enjeu des initiatives de mémoire historique. Si elle offre une opportunité de justice et de réparation pour les victimes du colonialisme européen, elle montre également comment la mémoire peut être instrumentalisée à des fins politiques et territoriales. Les omissions historiques, notamment le silence sur la colonisation arabo-musulmane, et l’usage du forum pour soutenir le Polisario, posent la question du rôle réel de telles conférences dans la diplomatie africaine et mondiale. La mémoire historique, pour être pleinement légitime et constructive, doit être traitée avec rigueur, nuance et intégrité, au-delà des intérêts immédiats des États hôtes.

    Christian Estevez

  • Au Royaume‑Uni, des entreprises reculent sur la diversité et l’inclusion : un signal politique et économique fort

    Au Royaume‑Uni, des entreprises reculent sur la diversité et l’inclusion : un signal politique et économique fort

    Au Royaume‑Uni, plusieurs grandes entreprises abandonnent ou révisent leurs politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI), sous l’effet d’un contexte politique international marqué par la montée de critiques à l’encontre des “politiques wokistes”. Ce mouvement suggère un recul de l’engagement corporate en matière de pluralisme et de justice sociale; un recul qui ne se limite pas à la sphère britannique, mais traduit des recompositions idéologiques et économiques à l’échelle transatlantique.

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    Quand la réussite financière prime sur les engagements éthiques, la diversité devient un luxe. Au Royaume‑Uni, des entreprises de premier plan choisissent de mettre fin à des politiques DEI qu’elles jugent désormais coûteuses, polémiqueuses ou dangereuses pour leur image. Le phénomène, observé dans un contexte global de rejet croissant du wokisme, révèle l’impact tangible des dynamiques idéologiques sur les pratiques managériales.

    Recul des politiques DEI : un constat d’après enquête

    Selon une étude conduite par le cabinet d’avocats britannique (comme rapporté par la presse), plus de la moitié des grandes entreprises britanniques se disent en train de revoir leurs politiques DEI, certaines allant jusqu’à les abandonner complètement. Parmi les entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions de livres sterling, une proportion significative affirme avoir modifié ou supprimé des initiatives d’équité, diversité ou inclusion. Pour certaines, les critiques venues des États‑Unis d’Amérique accusant les politiques “woke” de favoriser des “privilèges identitaires” ont joué un rôle déterminant dans ce revirement.

    À titre d’exemple, un grand opérateur de télécommunications a supprimé tout lien entre ses politiques DEI et son système de primes pour cadres intermédiaires, tout en affirmant préserver une “attache” aux valeurs de diversité. Ce type d’annonce illustre la tension entre communication, image publique, et décisions internes réellement contraignantes.

    Ces chiffres et décisions dessinent une tendance nette : un nombre non négligeable d’entreprises britanniques considère désormais que les politiques DEI sont non seulement contestables sur le plan idéologique, mais aussi potentiellement en opposition avec les objectifs de rentabilité ou de “neutralité” perçue.

    Contexte international : le reflux des politiques “woke” et l’impact des pressions idéologiques

    Ce recul ne se comprend qu’à la lumière d’un contexte global marqué par la montée des critiques contre les politiques identitaires en particulier dans le monde anglo-saxon. Aux États‑Unis d’Amérique, l’administration en place et certains acteurs politiques ont ouvertement dénoncé le “wokisme” comme source de division, de discrimination “inversée” ou de favoritisme sociopolitique. Ces discours, relayés médiatiquement, trouvent un écho chez des dirigeants d’entreprises au Royaume‑Uni, soucieux d’éviter toute controverse ou accusation de “politisation” de l’entreprise.

    De surcroît, le contexte économique, incertitudes post‑pandémie, crise du coût de la vie, inflation pèse sur les arbitrages des entreprises : les moyens (financiers, humains, organisationnels) consacrés à la DEI peuvent apparaître comme des postes “non essentiels” lorsque les priorités se resserrent. Dans ce contexte, l’argument du profit contre l’éthique redevient sérieux.

    Ainsi, loin d’être un phénomène strictement britannique, ce mouvement s’inscrit dans un glissement idéologique et économique global : la recomposition des priorités, l’érosion de certaines avancées sociétales, la montée du conservatisme identitaire autant de dynamiques qui pèsent sur les décisions privées.

    Enjeux et risques : ce qui est en jeu quand on abandonne la DEI

    Abandonner ou affaiblir les politiques de diversité et d’inclusion n’est pas une simple décision interne à une entreprise c’est un choix qui peut avoir des conséquences profondes et durables.

    D’abord, cela fragilise les efforts d’équité sociale : pour les minorités ethniques, les femmes, les personnes issues de milieux défavorisés ou marginalisés, la DEI représentait une porte d’accès certes imparfaite à l’égalité des chances. Le recul de ces politiques risque de rétablir des barrières structurelles invisibles, creuser des inégalités latentes, et réduire la mixité sociale et ethnique des élites économiques.

    Ensuite, c’est la culture d’entreprise et le climat social au travail qui peuvent être affectés. Sans politique consciente de diversité, les biais qu’ils soient liés au genre, à l’origine, à l’âge, ou au statut socio‑économique risquent de reprendre le pas, sans contrôle ni remise en question.

    Enfin, à l’échelle sociétale, ce recul envoie un message idéologique : celui que l’égalité sociale, l’équité et l’inclusion seraient des choix “optionnels”, dépendant des sensibilités du moment et des pressions extérieures. Cela pourrait alimenter la division, renforcer les inégalités structurelles, et nourrir le sentiment pour les populations concernées d’être renvoyées au second plan.

    « Une question plus large : recul progressif ou simple retournement tactique ?

    Il convient d’interroger la nature de ce recul. S’agit-il d’un simple ajustement tactique une réponse ponctuelle à des pressions idéologiques et à des contextes économiques difficiles ou observe‑t‑on un changement de paradigme, un glissement durable dans la manière dont les sociétés envisagent la diversité ?

    Si beaucoup d’entreprises justifient leurs reculs par des impératifs économiques ou la volonté de “ne pas s’immiscer dans le débat sociétal”, le résultat effectif reste le même : un affaiblissement des mécanismes de promotion de l’égalité. À long terme, cette tendance pourrait marquer un tournant : celui d’un retour discret mais systémique vers des modèles de gestion corporative centrés sur le “mérite” traditionnel, sans aucune garantie d’équité réelle.

    Ce renversement, s’il se confirme, modifie aussi la donne pour les mobilisations sociales, les engagements des associations et la législation : la pression sur les États et les régulateurs pourrait s’intensifier pour compenser un retrait privé.

    Le recul des entreprises britanniques sur les politiques de diversité, d’équité et d’inclusion ne peut être vu comme un simple phénomène de mode ou une réaction ponctuelle. Il s’agit d’un signal fort d’un tournant idéologique et économique, avec des conséquences profondes pour l’équité sociale, la justice dans l’emploi et la cohésion sociétale.

    Dans un contexte international de montée des discours anti‑wokes, de crise économique et de recomposition des priorités corporatives, ce mouvement appelle à une vigilance renouvelée. Si la diversité et l’inclusion sont laissées au bon vouloir des entreprises, sans cadre robuste ni régulation, les progrès sociaux acquis ces dernières décennies risquent de s’éroder.

    Pour la société, pour les salariés, pour les générations à venir il reste essentiel de maintenir la question de l’équité et de l’inclusion à l’agenda public, parce que derrière les chiffres et les bilans, ce sont des vies, des parcours, des chances concrètes qui se jouent.

    Celine Dou

  • Inondations en Asie : plus de 1000 morts, des militaires mobilisés au Sri Lanka et en Indonésie

    Inondations en Asie : plus de 1000 morts, des militaires mobilisés au Sri Lanka et en Indonésie

    Avec un bilan des inondations en Asie dépassant désormais les 1 000 morts, le Sri Lanka et l’Indonésie ont envoyé des troupes lundi pour soutenir les secours. Plusieurs centaines de personnes demeurent portées disparues.(Source : AFP).

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  • Rougeole : l’OMS confirme un recul mondial durable de la vaccination depuis la pandémie de COVID-19

    Rougeole : l’OMS confirme un recul mondial durable de la vaccination depuis la pandémie de COVID-19

    L’Organisation mondiale de la Santé tire un signal d’alarme clair : la résurgence actuelle de la rougeole n’est pas un phénomène isolé. Elle s’inscrit dans la continuité directe de la pandémie de COVID-19, qui a interrompu la vaccination de millions d’enfants dans le monde. Cinq ans après le pic de la crise sanitaire, les niveaux de couverture n’ont toujours pas retrouvé leur niveau d’avant 2020, révélant les limites profondes des systèmes de santé et les fractures persistantes de la gouvernance sanitaire mondiale.

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    La rougeole revient dans des régions où la maladie avait presque disparu. Cette évolution n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un déficit qui s’est accumulé pendant les années pandémiques et que le monde n’a pas encore résorbé. À travers cette résurgence, c’est toute l’architecture de la santé mondiale qui apparaît fragilisée.

    Un retour en arrière qui s’explique avant tout par l’héritage du COVID-19

    Avant la pandémie, la vaccination progressait régulièrement et plusieurs régions approchaient le seuil d’immunité collective. L’année 2019 représentait un point haut, avec une couverture qui se stabilisait à un niveau permettant de maintenir la rougeole sous contrôle. Cette dynamique s’est brutalement interrompue en 2020 lorsque les systèmes de santé ont réorienté leurs efforts vers la gestion de la crise COVID. Les campagnes de vaccination de routine ont été suspendues, les écoles souvent centres de vaccination ont fermé, et des millions d’enfants n’ont jamais reçu leurs doses. Aujourd’hui encore, cette interruption continue de produire ses effets : les enfants qui auraient dû être vaccinés en 2020, 2021 ou 2022 sont devenus une cohorte vulnérable, et cette vulnérabilité alimente les flambées actuelles.

    Une reprise insuffisante pour combler les failles accumulées

    Les chiffres récents montrent une remontée, mais celle-ci demeure trop lente pour rattraper trois années de perturbation. La première dose atteint 84 % en 2024, un niveau inférieur à celui de 2019, tandis que la seconde dose plafonne à 76 %, bien en-deçà des 95 % nécessaires pour interrompre la transmission du virus. La conséquence est visible : près de 11 millions de cas ont été recensés ou estimés en 2024, accompagnés d’environ 95 000 décès, en grande majorité chez les enfants les plus jeunes. Cinquante-neuf pays ont signalé des flambées d’ampleur inhabituelle, y compris dans des régions reconnues jusque-là comme bien protégées. À travers ces données, l’OMS décrit moins une “hausse” qu’un réajustement à la suite d’un choc systémique dont les effets persistent.

    Une fragilité mondiale, mais des vulnérabilités très inégalement réparties

    L’Afrique concentre plus de la moitié des enfants non vaccinés. Cette situation s’explique par la faiblesse chronique des systèmes de santé, les contraintes logistiques dans des territoires vastes ou enclavés, la dépendance aux financements extérieurs, ainsi que par l’impact cumulatif des crises sécuritaires. Mais le phénomène dépasse le cadre africain. En Europe et dans les Amériques, des flambées apparaissent dans des environnements pourtant dotés d’infrastructures solides. Ici, la question n’est plus logistique mais sociétale : la désinformation et la baisse de confiance envers les institutions sanitaires ont créé des poches de populations non immunisées. En Asie du Sud, la densité démographique et la reprise rapide des déplacements facilitent la circulation du virus. Le Moyen-Orient reste marqué par les déplacements de populations et l’instabilité de plusieurs États. La rougeole devient ainsi un révélateur de la diversité des fragilités contemporaines, qu’elles soient structurelles, politiques ou sociales.

    Une rupture née en 2020 qui redessine aujourd’hui la carte sanitaire

    L’année 2019 constituait un point d’équilibre relatif. La pandémie a fait basculer ce fragile équilibre. Entre 2020 et 2022, la vaccination de routine a reculé dans presque tous les continents. En 2023, la reprise des déplacements internationaux a permis au virus de circuler plus aisément dans un monde dont une partie des enfants n’était pas immunisée. En 2024, les flambées se sont multipliées, confirmant que les campagnes de rattrapage restaient insuffisantes. Et en 2025, l’OMS affirme explicitement que la couverture mondiale n’a toujours pas retrouvé son niveau pré-COVID. Cette chronologie montre que nous ne sommes plus face à un déficit ponctuel, mais à une réorganisation durable de la vulnérabilité sanitaire mondiale.

    Au-delà du virus : ce que révèle la rougeole de la gouvernance sanitaire internationale

    La résurgence actuelle souligne plusieurs tendances de fond. D’abord, la pandémie a démontré que beaucoup de systèmes de santé ne sont pas capables de maintenir leurs services essentiels en période de crise prolongée. Ensuite, la dépendance de dizaines de pays à l’aide internationale fragilise les programmes de vaccination lorsque les priorités globales se déplacent. De plus, l’érosion de la confiance publique, observée dans plusieurs pays à haut revenu, montre que la performance sanitaire ne repose pas uniquement sur la technique ou les infrastructures, mais également sur la cohésion sociale. Enfin, la vaccination devient un enjeu géopolitique : elle engage les alliances, les financements et la capacité des États à mener des politiques de santé indépendantes.

    La rougeole redevient un marqueur de l’état réel des systèmes de santé, de leur capacité à absorber les crises et à maintenir des priorités cohérentes dans la durée. La pandémie de COVID-19 a créé une rupture dont le monde n’a toujours pas surmonté les effets, et la hausse des cas n’est que la conséquence visible d’un déséquilibre plus profond. Revenir aux niveaux pré-pandémie ne suffirait pas : les failles accumulées exigent une approche renforcée, durable et structurée, capable de consolider les systèmes les plus fragiles et de restaurer la confiance là où elle s’est effritée. L’OMS ne décrit pas seulement une menace sanitaire, mais un défi global qui engage l’avenir même de la prévention.

    Celine Dou — La Boussole-infos

  • Après l’assassinat de son chef militaire par Israël, le Hezbollah estime avoir « le droit de répondre »

    Après l’assassinat de son chef militaire par Israël, le Hezbollah estime avoir « le droit de répondre »

    Le Hezbollah a dénoncé, vendredi 28 novembre, une « agression flagrante » après la mort de son chef militaire Haitham Ali Tabatabai, tué le 23 novembre 2025 lors d’une frappe israélienne visant la banlieue sud de Beyrouth, fief du mouvement pro-iranien.

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  • Shanghai interrompt le concert de Maki Ōtsuki : quand la diplomatie sino-japonaise rattrape la culture populaire

    Shanghai interrompt le concert de Maki Ōtsuki : quand la diplomatie sino-japonaise rattrape la culture populaire

    Le 28 novembre 2025, la chanteuse japonaise Maki Ōtsuki, connue mondialement pour avoir interprété l’un des génériques de la série de japanimation à succès One Piece, a vu son concert brutalement interrompu à Shanghai. L’incident, suivi de l’annulation totale d’un festival majeur, révèle la manière dont les tensions politiques entre Pékin et Tokyo débordent aujourd’hui sur le terrain culturel.

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    Ce qui devait être une célébration de la pop culture japonaise s’est transformé en démonstration d’autorité. En quelques secondes, les lumières se sont éteintes, la musique s’est coupée, et l’artiste a été escortée hors de scène. L’épisode, largement relayé sur les réseaux sociaux, pose une question centrale : comment un simple concert peut-il devenir un révélateur des rivalités géopolitiques actuelles ?

    Les faits : une interruption soudaine et inexpliquée

    Le vendredi 28 novembre 2025 au soir, Maki Ōtsuki se produit au Bandai Namco Festival 2025, un événement majeur rassemblant les univers du manga, de l’animation japonaise, de la musique et des jeux vidéo. Alors qu’elle interprète l’une de ses chansons phares, les projecteurs s’éteignent brusquement. Le son est coupé. Quelques membres de l’organisation montent précipitamment sur scène et guident la chanteuse vers les coulisses.

    Aucune alerte technique, aucun problème d’organisation apparent : tout s’arrête d’un coup, sans annonce préalable.

    Quelques heures plus tard, un message diffusé par les organisateurs évoque des « circonstances inévitables », sans fournir d’explication précise. Le communiqué annonce l’annulation de l’ensemble du festival, qui devait se poursuivre durant trois jours.

    28 novembre, 22h00 environ : l’incident

    Interruption soudaine du concert de Maki Ōtsuki. L’artiste est sortie de scène par l’équipe technique.

    28 novembre, nuit : premières vidéos en ligne

    Des spectateurs publient rapidement des séquences filmées au téléphone, confirmant l’absence de justification technique apparente.

    29 novembre, matin : communiqué officiel

    Les organisateurs déclarent que l’événement ne peut se poursuivre.
    L’équipe de la chanteuse publie un message similaire, parlant d’une mesure « indépendante de la volonté de l’artiste ».

    29 novembre, après-midi : annulation complète du festival

    Le Bandai Namco Festival annonce officiellement l’arrêt définitif des activités prévues.

    Dans les jours suivants : réactions et hypothèses

    Plusieurs médias asiatiques évoquent un lien possible avec les tensions diplomatiques actuelles entre la Chine et le Japon.

    Quand la culture devient un espace de tension

    One Piece, dont Maki Ōtsuki est l’une des voix emblématiques, n’est pas seulement une série d’animation : c’est un phénomène mondial, un symbole culturel japonais très identifiable, apprécié par des millions de spectateurs sur tous les continents.

    Depuis plusieurs mois, la relation entre Pékin et Tokyo s’est dégradée, notamment autour de déclarations politiques jugées offensantes par les autorités chinoises. Dans ce climat, plusieurs événements liés à la culture japonaise ont été annulés ou reportés en Chine : concerts, projections, expositions, festivals.

    L’interruption du concert s’inscrit donc dans une dynamique plus large, où la soft power culturel devient un terrain de frottement diplomatique.

    Une décision à portée géopolitique

    1. La culture comme instrument d’expression politique

    Interrompre un concert en pleine prestation envoie un signal fort : l’événement culturel est subordonné au climat politique du moment. Il ne s’agit plus seulement de spectacle, mais d’un espace dans lequel s’expriment les priorités du pouvoir.

    2. Un message adressé aux acteurs japonais

    L’annulation d’un festival entier pèse lourd financièrement et symboliquement. Plusieurs artistes japonais, selon divers médias régionaux, ont déjà vu leurs prestations retardées ou annulées. Pékin pourrait chercher à rappeler que l’accès à son marché culturel immense et stratégique n’est pas inconditionnel.

    3. Un coût pour les publics et les industries culturelles

    L’industrie de la pop culture japonaise exporte massivement en Asie : concerts, figurines, jeux vidéo, licences. Chaque annulation fragilise les chaînes économiques qui reposent sur ces échanges. Pour les fans chinois, souvent passionnés de japanimation, c’est aussi une frustration directe.

    4. L’effet d’amplification médiatique

    L’incident circule abondamment sur les réseaux sociaux. Dans un contexte où la culture populaire influence les perceptions, l’épisode risque de cristalliser encore davantage les oppositions entre ces deux puissances asiatiques.

    Le parcours international de Maki Ōtsuki

    Au-delà de sa renommée dans la musique d’animation, Maki Ōtsuki est une habituée des conventions dédiées à la pop culture japonaise en Europe, et particulièrement en France.
    Elle y participe régulièrement pour représenter la richesse culturelle japonaise :

    – manga,
    – cosplay,
    – jeux vidéo,
    – gastronomie traditionnelle,
    – démonstrations de calligraphie.

    Un simple concert devenu révélateur d’un rapport de force

    L’interruption du concert de Maki Ōtsuki n’est pas un fait isolé. Elle s’inscrit dans une période où la culture japonaise en Chine se retrouve prise dans des tensions politiques plus larges. L’épisode rappelle que la culture, souvent perçue comme un espace neutre et universel, peut devenir un indicateur sensible des relations internationales.

    Il reste désormais à observer si la situation évoluera vers un apaisement ou, au contraire, vers une restriction accrue des expressions culturelles japonaises en Chine.

    Celine Dou

    La Boussole-infos

  • Guerre en Ukraine : Trump devrait signifier à Putin que les États-Unis reconnaissent les gains territoriaux de la Russie

    Guerre en Ukraine : Trump devrait signifier à Putin que les États-Unis reconnaissent les gains territoriaux de la Russie

    Selon des informations dévoilées par The Telegraph, l’administration américaine s’apprêterait à franchir une étape majeure dans la guerre en Ukraine. Les États-Unis envisageraient de reconnaître le contrôle russe sur la Crimée ainsi que sur plusieurs territoires ukrainiens occupés, une initiative portée directement par le président Donald Trump.

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  • Tunisie — Sonia Dahmani libérée : le cas emblématique de la répression via le décret‑loi 54

    Tunisie — Sonia Dahmani libérée : le cas emblématique de la répression via le décret‑loi 54

    Sonia Dahmani, avocate et commentatrice tunisienne, a recouvré la liberté le 27 novembre 2025 après 18 mois de détention. Son parcours judiciaire illustre les tensions croissantes entre législation sur la cybercriminalité, liberté de la presse et respect des droits fondamentaux en Tunisie.

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    Depuis 2022, le décret‑loi 54, présenté comme un outil de lutte contre la désinformation en ligne, est dénoncé pour sa portée vague et son usage répressif contre les voix critiques. Selon le Committee to Protect Journalists (CPJ), ce texte a conduit à l’incarcération d’au moins cinq journalistes en 2024, un record depuis trois décennies.

    Le 11 mai 2024, Sonia Dahmani est arrêtée lors d’une descente policière au siège de l’Ordre des avocats à Tunis. Ses prises de parole dans les médias (radio IFM, télévision Carthage Plus) sont jugées “fausses informations” ou “incitation à la haine”, motifs retenus contre elle dans le cadre du décret 54.

    En juillet 2024, elle est condamnée en première instance pour diffusion de fausses informations. La peine est réduite en appel à huit mois de prison, mais de nouvelles condamnations suivent rapidement. En octobre 2024, elle reçoit deux ans de prison pour commentaires sur la situation des migrants subsahariens en Tunisie, et en juin 2025, une nouvelle peine de deux ans est prononcée pour des interventions télévisées. Certaines affaires ont été requalifiées en “felony”, pouvant entraîner jusqu’à dix ans de prison.

    Au total, Sonia Dahmani faisait face à au moins cinq dossiers distincts, ce qui, selon les ONG, constitue un usage cumulatif du décret 54 visant à intimider et réduire l’espace de parole critique.

    Durant sa détention à la prison de Manouba, Sonia Dahmani a été soumise à des conditions jugées indignes par des ONG internationales. Des témoignages signalent un accès limité aux soins pour ses problèmes de santé chroniques (diabète, hypertension, thyroïde) ainsi que des fouilles humiliantes et l’absence d’assistance juridique régulière.

    Ces éléments renforcent les critiques sur l’utilisation de la détention préventive et sur le harcèlement judiciaire comme instrument de pression politique.

    Le 27 novembre 2025, le ministère de la Justice a annoncé la libération conditionnelle de Sonia Dahmani. Les syndicats de journalistes tunisiens, dont le SNJT, saluent cette décision tout en rappelant que plusieurs poursuites restent en cours, maintenant un risque juridique significatif.

    Selon les ONG et avocats, cette libération ne met pas fin à la menace que représente le décret 54 pour le pluralisme médiatique et le droit d’expression.

    Le cas Sonia Dahmani illustre plusieurs enjeux majeurs :

    • Utilisation juridique du décret 54 pour museler les critiques, notamment les journalistes et avocats.
    • Accumulation des poursuites contre une même personne, créant un climat de peur et d’autocensure.
    • Fragilité des garanties démocratiques en Tunisie, avec des atteintes au pluralisme et aux droits fondamentaux.
    • Répercussions régionales : le cas alerte sur les pratiques similaires dans d’autres pays d’Afrique du Nord et au-delà, où la législation sur les “fausses informations” peut être détournée.

    Des organisations internationales rappellent que la liberté d’expression est protégée par la Constitution tunisienne et les engagements internationaux de la Tunisie. L’affaire Dahmani devient ainsi un baromètre du respect de ces droits et un signal d’alarme pour la société civile et les médias indépendants.

    • SNJT : “Une victoire symbolique, mais la vigilance reste de mise pour protéger tous les journalistes poursuivis.”
    • CPJ et Amnesty International : appellent à la réforme du décret 54 et à la libération de tous les journalistes emprisonnés.
    • Médias internationaux : relaient l’affaire comme un exemple des restrictions croissantes de la liberté d’expression en Tunisie.

    La libération de Sonia Dahmani ne clôt pas les enjeux qu’elle incarne. Son dossier souligne la nécessité de surveiller l’application du décret 54 et d’assurer la protection de la liberté de la presse et du débat public en Tunisie. La communauté internationale et nationale reste attentive aux développements, tandis que le cas Dahmani continue d’être un symbole du combat pour les droits fondamentaux et la démocratie.

    Celine Dou

  • Royaume-Uni : Jeremy Corbyn lance un nouveau parti « socialiste » dans un paysage divisé à gauche

    Royaume-Uni : Jeremy Corbyn lance un nouveau parti « socialiste » dans un paysage divisé à gauche

    Jeremy Corbyn a affiché son ambition de bâtir un « nouveau parti socialiste démocratique » au Royaume-Uni en ouverture samedi du congrès inaugural de la formation qu’il a cofondée pour occuper un espace à gauche et attirer les déçus du gouvernement travailliste.(Source : AFP).

    « Notre mouvement est un mouvement pour la justice, l’égalité et la durabilité environnementale », a lancé, devant plusieurs milliers de militants réunis à Liverpool dans le nord de l’Angleterre, l’ex-dirigeant du Labour et vétéran de la gauche britannique.

    Depuis l’élection législative qui a porté le Labour de Keir Starmer au pouvoir en juillet 2024, le paysage politique britannique est en pleine recomposition, avec la montée en puissance des libéraux-démocrates (centre), des Verts (gauche) et de la formation anti-immigration Reform UK.

    Pour entrer à Downing Street, Keir Starmer a recentré le parti travailliste, une stratégie qui ouvre des perspectives pour Jeremy Corbyn, 76 ans, marginalisé depuis son départ du Labour en 2020.

    « Dans ce pays, les gens ont désespérément besoin d’une vraie alternative à la montée de l’extrême droite », juge auprès de l’AFP le député indépendant, allié de Corbyn, Shockat Adam, au moment où Reform UK, dirigé par l’ex-promoteur du Brexit Nigel Farage, s’affiche en tête des sondages sur les intentions de vote.

    Ce nouveau parti – pour l’instant nommé « Your Party » – a été annoncé en juillet par Jeremy Corbyn et une autre ex-députée Labour, Zarah Sultana, 32 ans.

    Mais les débuts ont été chaotiques, avec des tensions internes qui se sont étalées sur la place publique.

    Samedi, Jeremy Corbyn a appelé à l’unité les 50.000 membres de « Your Party », « parce que la division ne servira pas les intérêts des gens que nous voulons représenter ».

    « Nous devons nous améliorer à travailler ensemble », avait affirmé la veille Zarah Sultana.

    Lors du week-end, les militants devront choisir le nom définitif du parti et décider de porter à sa tête un leader unique ou une direction collective.

    Jeremy Corbyn a dirigé le parti travailliste de 2015 à 2020, et a dû démissionner après la défaite historique du Labour aux législatives de 2019, remportées par le parti conservateur derrière Boris Johnson.

    Il a été suspendu en 2020 après s’être vu reprocher son manque de volonté à lutter contre l’antisémitisme au sein de la formation, ce qu’il a toujours nié.

    En 2024, il a été réélu député indépendant dans sa circonscription londonienne.

    Stuart Hill, ancien élu local du Labour à Tyneside (nord-est de l’Angleterre), a rejoint « Your Party » en juillet « avec enthousiasme », après avoir quitté le Labour en 2023.

    Il « attendait désespérément » une nouvelle initiative à gauche, explique-t-il à l’AFP. Il juge le Labour « complètement inefficace », et l’accuse notamment de « reprendre à son compte » la rhétorique de Reform UK sur l’immigration.

    « (Nigel) Farage, le banquier de la City, n’est pas l’ami des travailleurs », a lancé Jeremy Corbyn samedi.

    Il a également reçu une large ovation lorsqu’il a dénoncé le « génocide » contre les Palestiniens à Gaza et accusé le gouvernement de Keir Starmer d’être « complice » du gouvernement israélien.

    • Concurrence des Verts –

    Mais le contexte est difficile, malgré les déboires du gouvernement travailliste et les voix dissonantes de plus en plus nombreuses au sein de son aile gauche.

    Selon un sondage YouGov publié cette semaine, seuls 12% des électeurs affirment qu’ils pourraient « envisager de voter » pour « Your Party », contre 29% pour le Green Party.

    Ce dernier, mené depuis septembre par Zack Polanski, 31 ans, ne cesse de grimper dans les sondages.

    Polanski, omniprésent sur les réseaux sociaux, a « pris la place » de Jeremy Corbyn pour « incarner la voix populiste et de la gauche radicale » sur l’échiquier politique, explique Colm Murphy, spécialiste de la gauche britannique à l’université Queen Mary de Londres.

    Le gouvernement Starmer, qui a suscité à plusieurs reprises le mécontentement dans son camp en s’attaquant à certaines aides sociales, a annoncé cette semaine dans son budget une hausse du salaire minimum et des allocations familiales.

    « Nous devrions faire beaucoup plus pour conserver nos soutiens traditionnels », regrette le député travailliste Steve Witherden, pour qui le Labour doit rester « le foyer naturel de la gauche ».

  • Strasbourg: enquête ouverte après la découverte d’une arme près du marché de Noël

    Strasbourg: enquête ouverte après la découverte d’une arme près du marché de Noël

    Une enquête a été ouverte après la découverte d’une arme à feu non loin du marché de Noël de Strasbourg, a indiqué vendredi à l’AFP la procureure de la République Clarisse Taron, confirmant une information des Dernières nouvelles d’Alsace.(Source : AFP).

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