Archives du mot-clé #MoyenOrient

Iran : découverte d’un gisement de 61 millions de tonnes et enjeux géopolitiques face aux puissances internationales

L’Iran a annoncé la découverte d’un gisement minier estimé à 61 millions de tonnes dans la province de Shadan, au sud-est du pays. Cette révélation intervient dans un contexte de sanctions économiques prolongées et de tensions persistantes avec les États‑Unis d’Amérique, relançant les interrogations sur la souveraineté iranienne, la sécurité régionale et les équilibres stratégiques au Moyen-Orient.

Lire la suite: Iran : découverte d’un gisement de 61 millions de tonnes et enjeux géopolitiques face aux puissances internationales

Dans un monde où la maîtrise des ressources naturelles conditionne la puissance et l’autonomie des États, la découverte de Shadan ne se limite pas à un enjeu économique. Pour l’Iran, ce gisement représente un levier de développement et de renforcement de son autonomie industrielle. Pour les observateurs internationaux, il soulève la possibilité d’une attention particulière de la part des grandes puissances, notamment des États‑Unis d’Amérique, qui pourraient invoquer des motifs politiques ou démocratiques dans leurs interactions avec Téhéran.

1. Nature du gisement et implications économiques

Le gisement découvert par le ministère iranien de l’Industrie, des Mines et du Commerce contient 61 millions de tonnes de minerai. Cette estimation correspond à la quantité de minerai identifiée, mais ne reflète pas nécessairement la réserve exploitable économiquement, laquelle dépend de la teneur métallique et des contraintes techniques d’extraction. Sur le plan économique, la valorisation de ce gisement pourrait permettre à l’Iran de diversifier ses sources de revenus, de renforcer ses industries minière et manufacturière, et de limiter l’impact des sanctions internationales qui pèsent sur son économie depuis plusieurs années. À titre de comparaison, le Chili utilise ses réserves de cuivre pour renforcer son influence économique tout en consolidant ses alliances stratégiques, tandis que l’Afrique du Sud a exploité ses gisements de platine et de manganèse pour développer ses capacités industrielles et accroître son autonomie vis-à-vis des circuits économiques internationaux. Ces exemples montrent que la maîtrise de ressources stratégiques peut transformer l’économie d’un pays et renforcer sa position sur la scène internationale.

2. Hypothèse de réactions internationales : le rôle potentiel des États‑Unis d’Amérique

Historiquement, les États‑Unis d’Amérique ont parfois justifié des interventions ou pressions sur des pays riches en ressources stratégiques en invoquant la promotion de la démocratie ou la stabilité régionale. Les interventions en Irak en 2003 ou en Syrie, par exemple, illustrent la coexistence entre discours officiel et motivations géopolitiques ou économiques sous-jacentes. Dans le cas de l’Iran, il n’existe aucune preuve d’une intervention américaine directe en lien avec le gisement de Shadan, mais il est plausible que la découverte attire l’attention internationale. Les États‑Unis pourraient formuler publiquement des préoccupations sur la stabilité régionale ou les normes démocratiques, tout en défendant simultanément leurs intérêts stratégiques et économiques. Cette analyse ne prétend pas anticiper une action concrète, mais repose sur des schémas historiques observés dans d’autres contextes où les ressources naturelles ont été au cœur de la diplomatie internationale.

3. Ressources naturelles et puissance stratégique

Les minerais stratégiques ne se limitent pas à leur valeur commerciale : ils alimentent l’industrie de haute technologie, la défense et les infrastructures critiques. Leur maîtrise confère à un État un levier de négociation dans ses relations internationales et contribue à la protection de sa souveraineté. La découverte du gisement iranien pourrait transformer le rapport de forces régional, à l’instar des stratégies de gestion de ressources observées au Nigéria, en Angola ou au Congo, où la richesse naturelle influence directement la diplomatie et les alliances. Cette dynamique souligne que la valorisation des ressources stratégiques est indissociable des choix géopolitiques et des interactions avec les puissances extérieures.

4. Perspectives pour l’Iran et les pays émergents

La découverte du gisement de Shadan offre plusieurs enseignements pour la région et au-delà. L’Iran doit sécuriser l’exploitation et la transformation du minerai pour préserver sa souveraineté et sa capacité d’action autonome. La maîtrise des ressources stratégiques permet également de renforcer les partenariats internationaux, notamment avec des puissances non occidentales, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des circuits dominés par les grandes puissances. Les pays émergents et africains peuvent tirer des leçons de cette situation en intégrant des stratégies de gestion souveraine de leurs propres ressources, afin de renforcer leur développement et leur influence sur la scène internationale. La gestion prudente et stratégique des ressources naturelles devient ainsi un élément clé de la diplomatie et de la sécurité nationale.

Le gisement de Shadan illustre l’intersection entre économie, géopolitique et souveraineté nationale. S’il peut renforcer l’autonomie iranienne et ses alliances stratégiques, il peut aussi attirer l’attention internationale, notamment celle des États‑Unis, pour des motifs officiellement politiques mais potentiellement liés à des intérêts stratégiques. Cette situation rappelle aux pays émergents et africains l’importance d’une gestion prudente et souveraine des ressources naturelles, condition essentielle pour protéger leur développement et renforcer leur influence dans un monde multipolaire.

Celine Dou

Attaques et persécutions contre les minorités chrétiennes : un phénomène global en expansion

Les attaques contre les chrétiens ne sont pas de simples faits divers isolés. Du meurtre d’Ashur Sarnaya à Lyon aux massacres dans des villages du Nigéria, en passant par les pressions institutionnelles en Asie et au Moyen‑Orient, les minorités chrétiennes subissent une persécution structurée et mondiale. Comprendre ce phénomène nécessite de croiser violences physiques, radicalisation idéologique et vulnérabilité des communautés pour analyser ses causes et ses conséquences sur le plan humanitaire et géopolitique.

Lire la suite: Attaques et persécutions contre les minorités chrétiennes : un phénomène global en expansion

En Europe, le meurtre d’Ashur Sarnaya, réfugié chrétien irakien en fauteuil roulant, poignardé à Lyon en septembre 2025, a mis en lumière la vulnérabilité des minorités religieuses même dans des sociétés démocratiques. L’enquête, confiée au parquet national antiterroriste, confirme que ce crime s’inscrit dans une logique djihadiste ciblant les chrétiens comme symbole idéologique. La note récente de la DGSI souligne que cette vulnérabilité n’est pas marginale : les communautés chrétiennes constituent une cible régulière des groupes extrémistes, non seulement en France mais dans plusieurs pays occidentaux.

En Afrique, la persécution est souvent plus visible et meurtrière. Dans le Nigéria, des attaques de villages chrétiens ont provoqué des centaines de morts et le déplacement forcé de milliers de personnes. Les violences contre les églises, écoles confessionnelles et communautés rurales témoignent de la combinaison entre instabilité politique, présence de groupes armés et radicalisation religieuse. Cette situation révèle que la foi chrétienne reste extrêmement vulnérable là où l’État peine à assurer la sécurité et l’ordre public.

Le Moyen‑Orient et l’Asie centrale illustrent une autre facette de la persécution : ici, elle prend la forme de restrictions légales, d’intimidations, et de pressions institutionnelles. Des pays comme le Kazakhstan, le Tadjikistan ou certains États du Moyen‑Orient limitent la liberté religieuse, interdisent les rassemblements et criminalisent certaines pratiques chrétiennes. Ces mesures, souvent moins visibles que les attaques physiques, contribuent à marginaliser les minorités et à favoriser l’exil ou la clandestinité religieuse.

Les causes de cette persécution sont multiformes. La radicalisation idéologique, la violence organisée, la faiblesse des institutions étatiques et les discriminations légales se combinent pour créer un environnement où les chrétiens sont ciblés pour leur foi. L’idéologie djihadiste utilise le christianisme comme symbole à attaquer, tandis que les États fragiles ou autoritaires appliquent des lois restrictives qui accentuent la vulnérabilité des minorités. Les réfugiés et migrants chrétiens deviennent particulièrement exposés, car ils cumulent isolement social et faible protection institutionnelle.

L’analyse globale des données montre que la persécution des chrétiens est à la fois idéologique et structurelle, touchant environ 380 millions de fidèles dans le monde, selon l’index 2025 de l’ONG Portes Ouvertes. Elle prend différentes formes selon les régions : massacres et déplacements forcés en Afrique, restrictions légales et intimidations au Moyen‑Orient et en Asie, attaques sporadiques mais symboliques en Europe. Ces phénomènes sont reliés par un fil conducteur : la vulnérabilité des minorités face à des acteurs qui instrumentalisent la religion pour atteindre des objectifs politiques ou idéologiques.

Les conséquences sont profondes : exil massif, fragilité sociale et économique, perte du patrimoine culturel et religieux, et traumatisme psychologique durable. Ces enjeux dépassent la sphère sécuritaire et relèvent d’une problématique humanitaire et civilisationnelle, nécessitant des réponses coordonnées des États, des ONG et de la communauté internationale. La documentation reste partielle, mais les tendances observées indiquent une intensification de la pression sur les communautés chrétiennes dans le monde.

En conclusion, la persécution des minorités chrétiennes illustre une crise globale qui traverse continents et régimes politiques. L’Europe, l’Afrique, le Moyen‑Orient et l’Asie sont touchés, mais sous des formes différentes. Comprendre cette dynamique avec rigueur, précision et contextualisation est indispensable pour protéger les minorités, prévenir la radicalisation et défendre les droits fondamentaux. L’information, la prévention et l’accompagnement humanitaire sont des outils essentiels pour réduire cette vulnérabilité et soutenir les populations touchées.

Celine Dou

Israël bloque 4 milliards de dollars de recettes palestiniennes : vers l’asphyxie budgétaire de l’Autorité palestinienne

L’Autorité palestinienne a réclamé à Israël le déblocage d’environ 4 milliards de dollars de recettes fiscales retenues. Cette situation dépasse le simple enjeu comptable et révèle les tensions structurelles entre Israël et les institutions palestiniennes, avec des implications économiques, institutionnelles et diplomatiques significatives.

Lire la suite: Israël bloque 4 milliards de dollars de recettes palestiniennes : vers l’asphyxie budgétaire de l’Autorité palestinienne

Plus qu’une question financière, ce blocage expose la vulnérabilité de l’Autorité palestinienne, sa dépendance aux recettes fiscales collectées par un État tiers et les répercussions sur la stabilité sociale et politique en Cisjordanie.

1. Une demande financière critique pour la survie institutionnelle

Lors d’une réunion du « Palestine Donor Group » à Bruxelles, le ministre palestinien de la Planification et de la Coopération internationale a demandé à Israël de transférer près de 4 milliards de dollars de taxes collectées pour le compte de l’Autorité palestinienne.

Ces recettes appelées clearance revenues proviennent principalement des droits de douane, de la TVA et des taxes sur les marchandises transitant par Israël. Elles représentent 68 % du budget palestinien, rendant le fonctionnement des institutions extrêmement dépendant du transfert régulier de ces fonds.

2. Le gel des recettes : un levier de pression politique

Depuis plusieurs années, Israël a retenu une partie de ces recettes, invoquant notamment le financement des pensions pour familles de prisonniers ou la couverture de coûts liés à la sécurité. L’Autorité palestinienne dénonce ces retenues comme un « prélèvement unilatéral », en violation des accords d’Oslo.

Le contrôle fiscal apparaît ainsi comme un outil stratégique dans les relations asymétriques entre Israël et les Palestiniens, où chaque flux d’argent peut devenir un levier de négociation.

3. Fragilité économique et dépendance internationale

Les conséquences pour l’Autorité palestinienne sont immédiates :

  • Retard ou impossibilité de payer les salaires des fonctionnaires.
  • Réduction des services publics essentiels (santé, éducation, infrastructures).
  • Accroissement de la dépendance à l’aide internationale, insuffisante pour compenser les fonds gelés.

L’Union européenne a annoncé 82 millions d’euros de soutien, mais cette contribution ne remplace pas le transfert structurel des recettes fiscales, maintenant l’Autorité dans une situation de vulnérabilité extrême.

4. Enjeux diplomatiques et géopolitiques

Le blocage des recettes expose une asymétrie de pouvoir. La Palestine tente de mobiliser les donateurs internationaux, en particulier l’Union européenne, pour exercer une pression sur Israël. Cette dynamique illustre un point clé : la fiscalité, dans ce contexte, dépasse la comptabilité et devient un outil de pouvoir géopolitique.

5. Risques et perspectives

Si le blocage persiste :

  • L’Autorité palestinienne risque un effondrement administratif partiel, en Cisjordanie et potentiellement dans les territoires sous son contrôle.
  • La dépendance aux aides extérieures s’accentuera, limitant la souveraineté économique et politique.
  • Le risque d’instabilité sociale pourrait augmenter, accentuant la tension dans une région déjà fragile.

Un enjeu financier révélateur d’un rapport de force

Ce blocage de 4 milliards de dollars illustre comment l’économie et la fiscalité deviennent des instruments de domination dans un conflit asymétrique.

Il ne s’agit pas seulement d’argent gelé, mais d’un levier stratégique qui met en lumière les fragilités institutionnelles palestiniennes, la dépendance à l’aide internationale et l’influence géopolitique d’Israël. Dans ce contexte, la question des recettes fiscales est un révélateur clé des tensions structurelles au Moyen-Orient.

Celine Dou

Décret Trump sur les Frères musulmans : enjeux géopolitiques et implications internationales

Le président des États-Unis d’Amérique, Donald J. Trump, a signé un décret visant à désigner certaines branches de la Fraternité musulmane comme « organisation terroriste étrangère ». L’annonce, intervenue le 24 novembre 2025, soulève des questions majeures sur la politique étrangère américaine, la gouvernance internationale et les relations avec plusieurs pays du Moyen-Orient.

Lire la suite: Décret Trump sur les Frères musulmans : enjeux géopolitiques et implications internationales

Loin d’être un simple geste symbolique, le décret reflète un choix stratégique de Washington et pourrait remodeler les équilibres diplomatiques régionaux, tout en posant des questions juridiques et sécuritaires à l’échelle mondiale.

1. Le contenu et la portée du décret

Le décret signé par Donald J. Trump n’entraîne pas une désignation globale de la Fraternité musulmane comme organisation terroriste. Il initie un processus ciblé, visant certaines « chapters » (branches) identifiées par le gouvernement des États-Unis d’Amérique comme liées à des activités violentes ou de soutien à des groupes tels que le Hamas.

  • Les secrétaires d’État et du Trésor disposent de 30 à 45 jours pour identifier les branches concernées et établir un rapport.
  • Les mesures incluront potentiellement le gel des actifs, l’interdiction de soutien matériel et des restrictions sur les déplacements des individus liés à ces branches.

Selon la Maison-Blanche, cette action répond à des préoccupations de sécurité nationale et s’inscrit dans une logique de lutte contre les transferts financiers et logistiques vers des groupes jugés terroristes.

2. Contexte géopolitique et diplomatique

Les pays ciblés par cette désignation Égypte, Jordanie, Liban représentent des espaces où la Fraternité musulmane est historiquement influente.

  • Égypte : le mouvement est interdit et considéré comme opposant politique radical.
  • Jordanie et Liban : certaines branches sont légalement actives et jouent un rôle dans la vie politique ou sociale.

Cette initiative américaine renforce le positionnement des alliés régionaux hostiles à la Fraternité, tout en compliquant les relations avec les pays où elle reste un acteur légal ou modéré.

La mesure pourrait également influencer le débat international sur la définition d’un mouvement politique comme terroriste, créant un précédent potentiellement contestable dans le droit international.

3. Implications stratégiques et sécuritaires

  • Pour les États-Unis d’Amérique : la désignation est présentée comme un outil de prévention et de protection de citoyens et intérêts américains.
  • Pour les pays du Moyen-Orient : cette démarche peut renforcer la pression sur certaines branches locales et modifier les alliances régionales.
  • Pour le mouvement lui-même : seule une fraction des branches est visée, ce qui pourrait fragmenter le réseau et accentuer les divisions internes.

Les conséquences réelles dépendront de la capacité des États-Unis d’Amérique à appliquer concrètement les sanctions et à maintenir une cohérence juridique dans la désignation, selon les indications officielles publiées par la Maison-Blanche et les services du gouvernement fédéral.

4. Enjeux internationaux et droit

Le décret met en lumière la complexité de classer un mouvement transnational dispersé comme organisation terroriste.

  • La Fraternité musulmane compte des entités légales et politiques dans plusieurs pays, ainsi que des branches clandestines.
  • L’action américaine soulève des questions sur la souveraineté nationale, les normes diplomatiques et la légalité des sanctions ciblées.

Ces enjeux font de ce décret un exemple concret de l’utilisation par un État d’instruments de politique étrangère pour influencer des acteurs non étatiques transnationaux.

Un geste symbolique mais stratégique

Au-delà de la communication politique, le décret Trump illustre la volonté des États-Unis d’Amérique de maîtriser l’espace géopolitique et sécuritaire du Moyen-Orient par des mesures ciblées.

Pour La Boussole – infos, l’importance réside moins dans l’effet immédiat sur la Fraternité musulmane que dans l’observation des conséquences diplomatiques, juridiques et stratégiques à moyen et long terme.

Cette démarche rappelle que, dans un monde globalisé, la sécurité, le droit et la diplomatie sont étroitement imbriqués, et que chaque action ciblée peut répercuter des effets bien au-delà du territoire américain.

Celine Dou

Rapprochement stratégique États-Unis–Arabie saoudite : F-35, nucléaire civil et nouvelle dynamique autour d’Israël

En visite à Washington, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a consolidé un rapprochement stratégique avec les États-Unis autour de trois axes majeurs : l’accès aux avions de combat F-35, le développement du nucléaire civil et une nouvelle équation diplomatique dans le dossier israélo-palestinien. Une séquence qui rebat les cartes des équilibres régionaux, entre ambitions américaines, calculs saoudiens et recomposition du Moyen-Orient.

Lire la suite: Rapprochement stratégique États-Unis–Arabie saoudite : F-35, nucléaire civil et nouvelle dynamique autour d’Israël

Un déplacement qui consacre un tournant politique

La visite de Mohammed ben Salmane (MBS) à Washington marque un changement notable dans les relations entre Riyad et l’administration américaine. Après des années de tensions autour de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, Donald Trump désormais revenu au centre du jeu politique américain a publiquement défendu le prince héritier, estimant qu’aucune preuve “définitive” ne permettait de l’incriminer.
Cette position constitue une forme de réhabilitation politique de MBS aux yeux de Washington, ouvrant la voie à une coopération stratégique élargie.

Vers une vente historique de F-35 à Riyad

Au cœur des discussions, un dossier longtemps considéré comme intouchable : la possible vente d’avions de combat F-35 à l’Arabie saoudite.
Ce transfert, s’il se concrétise, représenterait un changement majeur dans la politique américaine au Moyen-Orient, les États-Unis ayant jusqu’ici réservé cet appareil à Israël pour préserver son avantage militaire qualitatif.

Selon plusieurs sources américaines, Washington étudie désormais la faisabilité d’un accord, tandis que Riyad insiste pour obtenir les garanties technologiques et opérationnelles nécessaires. Pour les États-Unis, l’enjeu dépasse le seul commerce d’armes : il s’agit aussi de consolider une alliance face aux ambitions iraniennes et à l’influence croissante de la Chine dans la région.

Une coopération nucléaire civile en discussion

Le deuxième pilier du rapprochement concerne le développement du nucléairqe civil saoudien. Riyad souhaite acquérir aa technologies nécessaires pour lancer un programme de grande ampleur, incluant potentiellement l’enrichissement d’uranium sur son sol.
Les États-Unis, prudents sur les risques de prolifération, envisagent d’encadrer ce partenariat par un strict dispositif de contrôle, mais voient dans cette coopération une manière de contenir les avancées chinoises dans le secteur énergétique saoudien.

La normalisation avec Israël au centre des négociations

Le troisième volet le plus politique porte sur la normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël.
Riyad a réaffirmé à Washington que toute reconnaissance officielle de l’État hébreu serait conditionnée à la création d’un État palestinien viable, avec des garanties territoriales et sécuritaires.
L’Arabie saoudite cherche ainsi à se positionner comme un acteur stabilisateur et à obtenir des concessions israéliennes substantielles, tout en préservant son rôle de puissance musulmane centrale.

Pour les États-Unis, cette séquence offre une opportunité diplomatique : relancer une dynamique de paix affaiblie par les années de conflit et les récentes tensions à Gaza.

Une recomposition régionale en accélération

L’ensemble de ces développements traduit une évolution profonde des équilibres au Moyen-Orient.
Washington entend consolider ses alliances traditionnelles, Riyad veut diversifier ses partenariats tout en renforçant ses capacités militaires et technologiques, et Israël cherche à sécuriser une normalisation considérée comme structurante pour sa sécurité.

Ce nouveau triangle stratégique États-Unis–Arabie saoudite–Israël pourrait redéfinir la trajectoire géopolitique de la région dans les années à venir, notamment si les discussions autour des F-35 et du nucléaire civil aboutissent.
La visite de MBS à Washington apparaît ainsi comme un moment charnière, où convergent intérêts militaires, ambitions énergétiques et enjeux diplomatiques de long terme.

Celine Dou

Syrie–Chine : Damas envisagerait de remettre des jihadistes ouïghours à Pékin, malgré un démenti officiel

Alors que plusieurs sources proches du gouvernement syrien affirment que Damas s’apprête à transférer à la Chine des combattants ouïghours jihadistes présents sur son territoire, le ministère syrien des Affaires étrangères dément catégoriquement. Une controverse qui intervient au moment où Pékin et Damas renforcent leur coopération sécuritaire, sur fond d’enjeux géopolitiques croisés au Moyen-Orient et en Asie centrale.

Lire la suite Syrie–Chine : Damas envisagerait de remettre des jihadistes ouïghours à Pékin, malgré un démenti officiel