Archives pour la catégorie Politique

Trump annonce qu’une « exploration pétrolière, gazière et minière massive » se prépare « dans notre Groenland »

Donald Trump a annoncé mardi soir des préparatifs en vue d’une « exploration massive » des ressources pétrolières, gazières et minières du Groenland, trois semaines après l’accord de sécurité ancrant le territoire autonome danois dans l’orbite des Etats-Unis.(Source : AFP).

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Kenya : trois personnes tuées par la police lors d’un hommage à Raila Odinga n’étaient pas impliquées dans les violences

Une enquête de BBC Africa Eye met en cause les circonstances dans lesquelles trois personnes ont été mortellement touchées par des tirs policiers lors de l’hommage national rendu à l’ancien Premier ministre kényan Raila Odinga, le 16 octobre 2025. Selon l’analyse des images, les victimes se trouvaient à plusieurs dizaines, voire à plus de 150 mètres des affrontements. Un an après les faits, aucune personne n’a été tenue responsable de ces décès.

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Attaques des houthis du Yemen au moyen orient : l’Arabie saoudite rejette l’aide militaire israélienne contre les Houthis et intensifie ses frappes

Alors que les tensions s’aggravent au Yémen, l’Arabie saoudite aurait refusé une proposition israélienne de coopération militaire contre les rebelles houthis, selon le quotidien israélien Haaretz. Dans le même temps, Riyad a bombardé un site pétrolier près de Sanaa, provoquant une riposte des insurgés qui ont visé le territoire saoudien. Sur le terrain, les combats s’intensifient également à Marib et à Taëz, faisant craindre une nouvelle escalade régionale.

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Guerre Russie-Ukraine : Zelensky se tourne vers ses alliés européens face aux hésitations de Washington, un ancien officier ukrainien jugé en Allemagne dans l’affaire Nord Stream

Alors que les frappes russes se poursuivent contre les infrastructures ukrainiennes, Volodymyr Zelensky cherche à consolider le soutien européen dans un contexte de tensions avec l’administration de Donald Trump. Parallèlement, l’ouverture à Hambourg du procès d’un ancien officier ukrainien soupçonné d’avoir participé au sabotage des gazoducs Nord Stream ravive les interrogations sur cette opération de septembre 2022.

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France : l’Assemblée nationale rejette la motion du Parti socialiste contre le budget 2027

La motion de rejet préalable déposée par le Parti socialiste (PS) contre le projet de loi de finances pour 2027 a été rejetée mardi 13 octobre par l’Assemblée nationale. Avec 236 voix contre et 149 pour, cette décision permet à l’examen du budget de se poursuivre dans un contexte de fortes tensions politiques autour des économies prévues par le gouvernement.

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RDC : Joseph Kabila prend la tête d’une nouvelle coalition rebelle et menace de renverser le pouvoir de Félix Tshisekedi

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a été désigné à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle coalition qui entend coordonner les forces opposées au gouvernement de Félix Tshisekedi. Cette initiative, qui intervient dans un contexte de conflit persistant dans l’est du pays, marque une nouvelle étape dans l’affrontement politique congolais et soulève des interrogations sur l’avenir des négociations de paix.

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Défense européenne : la France peut-elle rejoindre le programme anglo-allemand de missiles à très longue portée ?

Alors que le Royaume-Uni et l’Allemagne accélèrent leur coopération dans le domaine de la frappe à très longue portée, la France pourrait apporter une capacité technologique déterminante grâce au projet B-Strike d’ArianeGroup. L’enjeu dépasse la seule conception de nouveaux missiles : il touche à l’autonomie stratégique européenne, au partage des technologies sensibles et à l’avenir de la coopération militaire entre Paris, Londres et Berlin.

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Moyen-Orient : le FMI prévoit une récession en 2026, le conflit en Iran fragilise les économies du Golfe

La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, les perturbations des exportations énergétiques et l’escalade militaire au Moyen-Orient pèsent lourdement sur les perspectives économiques régionales. Dans ses dernières prévisions, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe désormais une contraction de 0,3 % de l’économie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale en 2026, contre une croissance de 1,9 % prévue six mois auparavant.

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Éthiopie : trois ans après Pretoria, pourquoi la paix du Tigré est à nouveau au bord de la rupture

L’offensive lancée le 23 septembre par les forces tigréennes a ouvert la crise la plus grave depuis l’accord de paix signé à Pretoria en novembre 2022. Après plusieurs jours d’avancées dans le nord de l’Éthiopie, les forces fédérales ont repris lundi Alamata, dans le sud du Tigré. Mais le retour des combats dépasse désormais les frontières de la région : l’Afar et l’Amhara sont touchés, sept groupes armés se sont alliés contre le pouvoir fédéral et Addis-Abeba accuse plusieurs pays voisins de soutenir ses adversaires. Trois ans après Pretoria, les fragilités que l’accord n’avait pas réglées ressurgissent une à une.

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Le calme n’aura finalement été qu’une parenthèse fragile. Depuis le 23 septembre, les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) affrontent de nouveau l’armée fédérale éthiopienne dans le nord du pays. Elles ont pris le contrôle de plusieurs positions et des aéroports de Mekele, Axoum et Shire, avant d’étendre leurs opérations à l’Afar et à l’Amhara. L’Union africaine a dénoncé une nouvelle escalade et appelé les protagonistes à reprendre immédiatement les discussions dans le cadre de l’accord de Pretoria.

Le rapport de force a toutefois commencé à évoluer. Lundi 28 septembre, les forces fédérales et leurs alliés ont annoncé avoir repris Alamata, une ville située à environ 120 kilomètres au sud de Mekele. Des images vérifiées par Reuters montrent des soldats favorables au gouvernement dans ses rues. Cette reprise constitue le premier retournement important depuis le début de l’offensive tigréenne.

Alamata n’est pourtant qu’un épisode d’une bataille beaucoup plus large. Dans l’Afar voisin, les forces tigréennes ont pris Erebti, tandis que les combats se poursuivent dans certaines zones de l’Amhara. Les communications sont perturbées dans le Tigré et l’accès aux populations devient plus difficile. Médecins sans frontières a signalé une forte augmentation du nombre de blessés pris en charge dans plusieurs établissements de santé.

Le fait nouveau n’est donc pas seulement le retour des armes dans le Tigré. C’est le déplacement du conflit d’une question territoriale et politique essentiellement tigréenne vers une confrontation susceptible de toucher plusieurs régions et, à terme, l’équilibre de la Corne de l’Afrique.

Pretoria avait arrêté la guerre, pas réglé ses causes

Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir au 2 novembre 2022.

Après deux années de guerre entre le gouvernement fédéral et le TPLF, les deux camps avaient signé à Pretoria un accord de cessation des hostilités sous la médiation de l’Union africaine. Le texte avait permis de faire taire les armes et d’engager un processus de désarmement, de restauration des services et de retour à une administration normale du Tigré.

Mais plusieurs questions essentielles étaient restées ouvertes.

La plus explosive concerne le Tigré occidental, contrôlé pendant la guerre par des forces amhara et fédérales. Des centaines de milliers de Tigréens ont été déplacés et les dirigeants du TPLF réclament toujours le retour de cette population et la restitution du territoire. Les forces amhara rejettent, elles aussi, la revendication tigréenne sur cette zone.

Le désarmement du TPLF constitue un autre point de friction. Addis-Abeba accuse les forces tigréennes de ne pas avoir complètement renoncé à leurs capacités militaires. Les autorités du Tigré répondent que le retrait des autres forces présentes dans la région et le retour des déplacés n’ont pas été réalisés conformément à leurs attentes.

Le règlement politique n’a pas davantage produit les résultats espérés. Le TPLF a repris le contrôle de l’administration régionale cette année, tandis que le Tigré n’a pas participé aux élections fédérales de juin 2026. Plusieurs mécanismes prévus après la guerre sont ainsi restés inachevés.

Pretoria avait donc suspendu le conflit sans faire disparaître les désaccords qui l’avaient nourri.

Un rapprochement improbable contre Abiy Ahmed

La nouveauté de cette crise tient aussi à la recomposition des forces armées.

Le 21 septembre, quelques jours avant l’offensive tigréenne, sept groupes armés éthiopiens ont annoncé la création de l’Ethiopian Peoples’ Forces Alliance for Survival, avec pour objectif déclaré de renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. L’alliance rassemble notamment le TPLF, le mouvement amhara Fano et l’Armée de libération oromo.

Cette coalition a quelque chose d’inédit.

Durant la guerre de 2020-2022, les forces amhara combattaient aux côtés de l’armée fédérale contre le TPLF. Aujourd’hui, certains de leurs représentants se retrouvent dans la même alliance que leur ancien adversaire.

Cette proximité ne signifie pas que les groupes partagent le même projet pour l’Éthiopie. Ils ont des revendications territoriales, politiques et identitaires différentes. Ce qui les réunit est d’abord leur opposition au pouvoir d’Abiy Ahmed. Sa solidité militaire et politique reste donc à démontrer. Mais pour Addis-Abeba, le changement est considérable : le TPLF n’est plus seul dans sa confrontation avec le gouvernement fédéral.

Le conflit du Tigré doit ainsi être lu à l’intérieur d’une crise plus large de l’État éthiopien, où plusieurs insurrections et tensions régionales se superposent.

Pourquoi l’Afar compte autant

L’extension des combats à l’Afar est particulièrement sensible.

Cette région relie le nord de l’Éthiopie au corridor qui conduit vers Djibouti, principal débouché maritime de l’économie éthiopienne. Pour un pays enclavé depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, cet axe représente bien davantage qu’une simple route commerciale.

Toute perturbation durable de cette zone peut affecter les déplacements, les approvisionnements et le commerce extérieur de l’Éthiopie.

C’est ce qui donne à l’offensive tigréenne une portée différente de celle d’une simple reprise des combats autour de Mekele. Le TPLF cherche à défendre ses positions dans le Tigré, mais son extension vers l’Afar ouvre aussi une porte sur des axes stratégiques qui dépassent largement les frontières de la région. Les combats dans l’Amhara ajoutent un autre front au dispositif.

La situation est d’autant plus préoccupante que l’Éthiopie fait face simultanément à d’autres foyers de violence, notamment dans l’Oromia et l’Amhara.

L’Érythrée, le voisin qui peut faire basculer l’équation

La dimension régionale devient encore plus sensible lorsqu’on regarde vers l’Érythrée.

Pendant la guerre de 2020-2022, l’Érythrée avait combattu aux côtés des forces fédérales éthiopiennes contre le TPLF. Depuis, les relations entre Asmara et Addis-Abeba se sont profondément dégradées.

La question de l’accès éthiopien à la mer Rouge est au cœur de cette détérioration. L’Éthiopie cherche à sécuriser un accès maritime durable et s’intéresse notamment aux possibilités offertes par les ports de la région. Pour l’Érythrée, toute perspective donnant à son voisin une présence stratégique sur son littoral constitue un sujet de souveraineté particulièrement sensible.

Aujourd’hui, Addis-Abeba accuse l’Érythrée de soutenir financièrement le TPLF. Le chef d’état-major éthiopien, le maréchal Birhanu Jula, a également évoqué un soutien du Soudan et de l’Égypte aux forces hostiles au gouvernement. L’Érythrée et le Soudan rejettent ces accusations.

Il faut ici distinguer les accusations des faits établis. Aucune preuve publique suffisante ne permet de présenter comme acquis un soutien militaire direct de ces trois États au TPLF. En revanche, les rivalités entre eux sont bien réelles : le Soudan est lui-même plongé dans une guerre, l’Égypte est en désaccord avec Addis-Abeba sur le Nil et le Grand barrage de la Renaissance, tandis que l’accès à la mer Rouge empoisonne les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée.

Le retour de la guerre au Tigré intervient donc dans une région déjà traversée par plusieurs lignes de fracture.

Le précédent de 2020 pèse sur chaque décision

La prudence de l’Union africaine et des Nations unies s’explique par le bilan de la précédente guerre.

Entre 2020 et 2022, le conflit avait provoqué une catastrophe humaine majeure. L’Union africaine avait estimé à environ 600 000 le nombre de morts liés aux combats, à la famine et à l’effondrement des services de santé. Des centaines de milliers de personnes étaient également restées déplacées après la fin des hostilités.

Les premiers signes de la nouvelle escalade sont déjà préoccupants. L’Associated Press rapporte environ 150 000 déplacés dans l’Afar et une forte augmentation des blessés dans plusieurs hôpitaux du nord du pays. Ces chiffres restent difficiles à consolider dans une zone où les communications sont perturbées.

L’ONU redoute précisément que la nouvelle confrontation ne débouche sur un conflit « plus large et plus dévastateur ». L’Union africaine, elle, continue de considérer Pretoria comme la base du règlement politique et a demandé à son ancien médiateur, l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, de reprendre rapidement contact avec les protagonistes.

La question n’est plus seulement de savoir qui contrôle Alamata

La reprise d’Alamata donne pour l’instant un avantage ponctuel aux forces fédérales. Elle ne règle rien sur le fond.

Le TPLF conserve des capacités militaires et bénéficie désormais d’une alliance avec des mouvements qui combattent le gouvernement sur plusieurs autres fronts. Addis-Abeba, de son côté, dispose toujours d’une armée nationale et de forces alliées capables de reprendre du terrain.

Le véritable enjeu des prochains jours sera donc de savoir si ce nouvel affrontement peut encore être contenu dans le cadre politique de Pretoria.

Car les conditions qui avaient permis l’accord de 2022 ne sont plus exactement les mêmes. Le TPLF a retrouvé une partie de son autonomie politique, les relations entre Addis-Abeba et Asmara se sont détériorées, les groupes amhara et oromo poursuivent leurs propres combats et une nouvelle coalition armée cherche désormais à contester le pouvoir fédéral.

Trois ans après Pretoria, la paix n’est donc pas officiellement morte. Mais les fondations sur lesquelles elle reposait sont de nouveau soumises à rude épreuve.

Si les combats restent cantonnés au nord de l’Éthiopie, Pretoria peut encore servir de point de départ à une nouvelle négociation. S’ils se connectent durablement aux conflits de l’Amhara, de l’Oromia et aux tensions avec l’Érythrée et le Soudan, la crise du Tigré pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle période d’instabilité dans toute la Corne de l’Afrique.

Celine Dou

France : primaire de la gauche, après la querelle Royal-Glucksmann, les cinq candidats face à leurs divergences sur LFI, l’Ukraine et Gaza

Le rappel à l’ordre adressé à Ségolène Royal par la commission d’organisation de la primaire sociale-démocrate aurait pu rester une simple péripétie de campagne. Il prend une autre dimension depuis que la même commission a expliqué que les règles du débat entre candidats de la primaire ne pouvaient être exactement les mêmes que celles du débat avec la droite et « l’extrême droite ». Deux jours plus tard, le premier débat télévisé entre les cinq prétendants a déplacé les échanges vers les sujets qui pourraient réellement déterminer la suite : alliances électorales, Ukraine, Gaza, pouvoir d’achat et dette.

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Ségolène Royal avait déclenché la séquence en s’en prenant directement à Raphaël Glucksmann, dont elle mettait en doute l’expérience politique. La commission d’organisation, présidée par Patrick Mennucci, lui a demandé de revenir à une attitude respectueuse, au nom de la charte signée par les candidats et de « l’esprit de camaraderie » attendu pendant la primaire. Mais son communiqué contenait aussi une précision politique : selon elle, la nature du débat interne à cette primaire n’est pas la même que celle du débat avec la droite et « l’extrême droite ». Le 23 septembre, les cinq candidats se sont retrouvés sur le même plateau. La querelle de personnes a laissé place à des désaccords plus profonds sur la stratégie que la gauche pourrait défendre pour 2027.

Une remontrance qui en dit plus que les seules attaques de Ségolène Royal

La séquence commence avec une formule de Ségolène Royal dans une interview accordée à Libération. Pour distinguer sa candidature de celle de Raphaël Glucksmann, l’ancienne ministre socialiste a mis en avant son expérience et estimé qu’on ne pouvait pas « mettre un stagiaire à la tête d’une entreprise » lorsqu’il s’agit de diriger un pays.

Raphaël Glucksmann, député européen et candidat soutenu par Place publique, lui a répondu en mettant à son tour en cause son parcours politique. L’échange aurait pu rester dans le registre classique de la campagne électorale. La commission d’organisation de la primaire a choisi d’intervenir.

Présidée par Patrick Mennucci, elle a rappelé que les candidats avaient signé une charte leur imposant notamment un comportement éthique et l’interdiction des attaques personnelles. Elle a demandé à Ségolène Royal de revenir à une attitude respectueuse à l’égard du processus démocratique et a appelé les candidats à se conformer à un « esprit de camaraderie ».

Jusque-là, le principe paraît simple : une primaire doit permettre à plusieurs candidats appartenant au même espace politique de se confronter sans transformer la compétition en règlement de comptes.

Mais le communiqué de la commission contient une phrase qui mérite davantage d’attention. L’instance précise que « la nature du débat politique de la primaire n’est pas le même que dans le débat face à la droite et l’extrême droite ».

Cette distinction n’est pas anodine. Elle signifie que la commission ne considère pas le débat interne et l’affrontement avec les adversaires extérieurs au même espace politique comme deux exercices identiques. À l’intérieur de la primaire, la confrontation doit préserver les conditions d’un rassemblement après le scrutin. Face aux autres familles politiques, les règles du débat peuvent donc être différentes selon cette conception.

La question mérite d’être posée sans confondre les catégories politiques. La droite n’est pas synonyme d’« extrême droite », et la droite nationaliste ne constitue pas automatiquement une catégorie identique à celle que les formations de gauche désignent comme « extrême droite ». Ces appellations ont une histoire, des usages politiques et des définitions variables selon les acteurs qui les emploient.

Le point intéressant, pour autant, n’est pas de trancher ici la querelle des étiquettes. Il est de constater que la commission introduit elle-même une différence entre la manière de traiter un désaccord au sein de la gauche et celle de combattre les formations placées hors de son périmètre politique.

Cette distinction renvoie à une question plus large du débat français : jusqu’où peut aller la confrontation politique lorsqu’il s’agit d’un adversaire considéré comme extérieur à son propre camp, et à partir de quel moment la dénonciation d’une idéologie devient-elle une manière de disqualifier politiquement ceux qui la portent ?

La commission, elle, n’apporte pas de réponse générale à cette question. Elle parle du fonctionnement particulier de cette primaire et de la nécessité, pour les candidats, de pouvoir se rassembler après le vote.

Le débat du 23 septembre change la nature de la campagne

Deux jours après ce rappel à l’ordre, les cinq candidats se sont retrouvés face à face sur LCI : Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel.

Cette fois, les attaques personnelles n’ont pas occupé le centre de la soirée. Les échanges ont porté sur les choix que chacun entend défendre pour la France et, surtout, sur les forces politiques avec lesquelles une éventuelle majorité pourrait être construite.

La question de La France insoumise a constitué l’un des principaux points de désaccord.

Raphaël Glucksmann a affirmé qu’il n’y aurait pas d’accord avec La France insoumise, y compris pour les élections législatives. Jérôme Guedj défend également cette ligne. Olivier Faure privilégie, lui, la recherche d’un rassemblement plus large de la gauche et insiste sur la réalité des coopérations parlementaires entre socialistes et députés de La France insoumise.

Ségolène Royal a contesté ce qu’elle considère comme une focalisation excessive sur cette formation. Selon elle, la question doit être replacée dans une réflexion plus large sur la reconstruction de la gauche, qui doit également prendre en compte les écologistes et les communistes. Emmanuel Maurel défend lui aussi l’idée d’une coalition à gauche.

Derrière cette querelle sur les alliances se trouve une question électorale très concrète : avec qui gouverner si le candidat issu de la primaire accède à la présidentielle puis, éventuellement, aux élections législatives ?

La réponse n’est pas secondaire. Elle permet de distinguer une candidature conçue comme l’affirmation d’une ligne politique autonome d’une autre qui privilégierait le rassemblement le plus large possible afin de constituer une majorité.

Ukraine : même soutien, réponses différentes

La guerre en Ukraine a offert un autre exemple de divergences qui ne se résument pas à une opposition entre gauche et droite.

Les cinq candidats se sont accordés sur le principe d’un soutien à l’Ukraine, mais leurs propositions diffèrent sur les moyens à employer et sur la place à donner à la négociation.

Raphaël Glucksmann défend une aide militaire renforcée à l’Ukraine et une politique européenne plus déterminée face à la Russie. Ségolène Royal insiste davantage sur la négociation et la recherche d’une issue diplomatique. Jérôme Guedj a notamment interrogé les conséquences d’une éventuelle protection aérienne de l’espace ukrainien, qui pourrait accroître le risque de confrontation directe avec les forces russes.

Ce débat montre une réalité importante : partager un même diagnostic sur une menace ne signifie pas nécessairement partager la même stratégie.

La différence porte ici sur la frontière entre soutien militaire, dissuasion, négociation et risque d’escalade. Pour une future candidature présidentielle, ce ne sont pas des nuances secondaires : elles déterminent la conception de la politique étrangère, de la défense française et du rôle de la France en Europe.

Gaza, le vocabulaire et les limites du débat

La situation à Gaza a provoqué un autre échange tendu.

Olivier Faure et Ségolène Royal ont employé le terme de « génocide » pour qualifier la situation. Raphaël Glucksmann ne reprend pas cette qualification. La discussion a également porté sur la distinction entre la critique du gouvernement de Benyamin Netanyahou et la lutte contre l’antisémitisme en France.

Jérôme Guedj a contesté certains propos de Ségolène Royal sur la nécessité de faire davantage entendre des voix israéliennes et juives dénonçant la situation à Gaza. Le débat a alors porté non seulement sur le conflit au Proche-Orient, mais aussi sur la manière de parler des Juifs de France lorsqu’on critique la politique du gouvernement israélien.

Là encore, les désaccords portent autant sur les mots que sur les conséquences politiques à tirer des événements.

Cette dimension est importante dans une primaire qui cherche à construire une candidature commune. Une formation politique peut partager certains objectifs cessez-le-feu, aide humanitaire, pression diplomatique ou respect du droit international tout en divergeant profondément sur la qualification des événements et sur les moyens d’action.

Du pouvoir d’achat à la dette, les différences deviennent économiques

Le débat a également permis aux candidats de préciser leurs propositions économiques.

Sur le prix des carburants, Ségolène Royal a défendu une baisse à 1,70 euro le litre jusqu’à la fin de l’année. Raphaël Glucksmann et Olivier Faure privilégient davantage des aides ciblées vers les ménages qui en ont le plus besoin. Emmanuel Maurel propose notamment un emprunt national citoyen destiné à financer l’électrification, tandis que Jérôme Guedj défend une fiscalité prenant davantage en compte les enjeux climatiques.

Les différences apparaissent également sur les revenus et la fiscalité. Olivier Faure défend notamment un salaire minimum à 1 700 euros net. Raphaël Glucksmann propose de modifier la fiscalité successorale afin de financer une baisse de la contribution sociale généralisée pour les salariés.

La dette publique complète ce tableau. Aucun des cinq candidats ne propose de simplement effacer la dette. Les divergences portent plutôt sur les recettes supplémentaires, les dépenses publiques, les économies possibles et les investissements nécessaires à la réindustrialisation.

La primaire ne se résume donc plus à la question de savoir qui peut incarner la gauche. Elle oblige chacun à préciser quelle politique économique il entend mener et comment il compte la financer.

Une primaire qui doit encore définir son propre périmètre

Le premier débat a ainsi fait apparaître un paradoxe.

La commission d’organisation demande aux candidats de préserver la camaraderie parce que le vainqueur aura besoin du soutien des autres. Mais les échanges du 23 septembre montrent que le rassemblement ne pourra pas être obtenu uniquement par une discipline de campagne.

Les désaccords sont réels : ils concernent les alliances, la relation à La France insoumise, la politique étrangère, l’Ukraine, Gaza, la fiscalité, les carburants, les retraites et le financement des politiques publiques.

La question centrale devient alors celle du périmètre politique de cette primaire. Elle rassemble le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste, mais ne réunit pas toutes les formations de gauche. Elle doit donc déterminer non seulement son candidat, mais aussi les limites du rassemblement qu’il cherchera ensuite à construire.

Le rappel à l’ordre de Ségolène Royal prend ici un autre sens. La commission a voulu protéger le cadre d’une compétition dont le principe repose sur une idée simple : plusieurs candidats peuvent se combattre pour obtenir le même mandat, puis accepter le résultat et soutenir celui qui l’emporte.

Reste une question plus délicate, que le débat français dépasse largement cette primaire : la défense de la démocratie peut-elle conduire à considérer que certaines formes de confrontation sont acceptables contre des adversaires politiques extérieurs, alors qu’elles deviennent inadmissibles entre membres d’une même famille politique ?

La commission a, de fait, posé cette distinction dans son communiqué. La campagne permettra désormais de voir jusqu’où cette conception du débat peut être tenue lorsque les enjeux deviendront plus directement électoraux.

Deux autres débats sont prévus avant le vote, les 1er et 4 octobre. Le premier tour de la primaire aura lieu les 9 et 10 octobre, avec un second tour prévu les 16 et 17 octobre si aucun candidat ne l’emporte au premier.

La querelle entre Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann aura donc servi de point de départ. Mais désormais, le véritable enjeu est ailleurs : les cinq candidats doivent démontrer que leur conception de la gauche peut survivre à la compétition interne et, surtout, définir avec qui et sur quelles bases elle entend gouverner.

Celine Dou